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Voilà en gros ce que disait Henry James dans ses Carnets que je suis en train de lire :

Je tentai d'écrire une petite pièce, Daisy Miller, et je l'écrivis [...]. Inutile de conter [...] l'oiseuse histoire de mes négociations absurdes avec les gens du Madison Square Theatre, dont les propriétaires se conduisirent comme des ânes et des aigrefins combinés; cet épisode, en soi, fournirait un brillant chapitre pour un roman réaliste.

Ecrire la pièce m'a énormément intéressé et ce travail n'a fait que me confirmer l'attrait que je prêtais au genre théâtral. Tant à New York qu'à Londres, il m'a permis de découvrir, quant aux acteurs et directeurs de théâtre, leurs procédés et leurs idées, et quant aux conditions de production de notre malheureuse scène anglaise, des choses presque fatalement rebutantes et décourageantes;

J'ai appris avec acuité que dès l'instant où l'on essaie d'écrire pour le théâtre, c'est contre le dégoût qu'il faut se cuirasser, un dégoût profond, indicible. Pourtant, bien qu'écoeuré, je ne me crois nullement découragé. Ou, tout simplement, je ne puis me le permettre. J'ai décidé de consacrer un an – deux, au besoin davantage – à des expériences, des études, des essais. La forme dramatique me paraît le comble de la beauté. Le malheur est que la bassesse du niveau de la scène de langue anglaise ne lui offre pas le cadre voulu. (p. 180)

Page 253, il parle de l'horrible profession théâtrale...

Pas la joie tout ça.