05 février 2016

Influences de Woody Allen

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Dans l'article dont je parlais hier, Woody Allen citait ses influences, notamment les auteurs Max Shulman, Robert Benchley et Sidney-Joseph Perelman.

N'ayant jamais rien lu d'eux, j'ai été voir si leurs écrits avaient été traduits en français et bingo, j'en ai trouvé deux. Il s'agit de Psychologie du Pingouin de Robert Benchley (éd. Le Dilettante) et L'oeil de l'idole de S. J. Perelman (éd. Wombat).

J'aime bien le look de ces bouquins.


04 février 2016

Woody Allen, interview

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Voici une interview de Woody Allen qui ne date pas d'hier (1985 pour la grande majorité) et est en anglais, mais ce qu'il dit est intéressant (voir ici).

Il commence par parler de la différence qu'il y a à travailler sur un scénario, une pièce de théâtre et un roman. Un scénario est plus facile et rapide à écrire selon lui, car on peut tout changer, rester dans les généralités car tout se précise au montage. La forme romanesque étant la plus aboutie, c'est plus dur, aucune phase de rattrapage n'est possible.

Pour lui, le roman a aussi des avantages sur le scénario du fait des coûts de production d'un film. On peut mettre son roman à la poubelle une fois terminé (pensée très positive), alors qu'un film a coûté tellement d'argent qu'il doit sortir, même s'il n'est pas terrible.

Quant à l'effort fourni pour pondre un texte, il ne voit aucun rapport entre la facilité d'écriture et le succès d'un projet. Un texte facile à écrire peut être un échec, alors qu'un scénario comme Annie Hall, qui n'a pas cessé de lui causer des soucis et a été maintes fois remanié, a eu l'accueil que l'on sait.

Aussi intéressant de voir son manque d'esprit autocritique une fois que son texte a été écrit. Si on lui dit que c'est bien, il le croit et pareil pour le contraire. Il s'en remet au jugement des autres.

Encore un auteur comique qui était attiré par les choses plus sérieuses, mais du fait de sa facilité à faire rire, c'est la voie qu'il a choisie.

Pour Woody Allen, il faut se faire plaisir avant tout, suivre ce qu'on a envie de faire. Si on écrit pour les autres ou la suite d'un film qui a eu de succès (Annie Hall par exemple), on ne peut qu'être insatisfait.

Note positive pour finir : tout écrit qui a de la valeur existera, fera son chemin d'après lui. Ce qui n'est pas terrible en revanche disparaîtra, personne n'en entendra jamais parler (je ne suis pas sûre que cela soit toujours vrai, certaines pièces à l'affiche en ce moment prouvent un peu le contraire).

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27 janvier 2016

L'aparté

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Comme Daniel Auteuil l'a dit récemment à propos de la pièce L'envers du décor de Florian Zeller qu'il met en scène et dans laquelle il joue au théâtre de Paris, le procédé de l'aparté n'est pas nouveau, les dramaturges s'en servent depuis longtemps. Le fait d'avoir un personnage qui parle à quelqu'un, puis au public pour exprimer ce qu'il ressent, a été maintes fois utilisé.

Je me souviens par exemple d'une pièce très courte de Jean Tardieu (Oswald et Zénaïde) où les deux personnages ne se disaient que des banalités, mais révélaient leurs pensées en aparté, au public. C'était très amusant.

Il y en a plein d'autres, de Molière et Feydeau pour ne citer qu'eux, mais c'est un procédé personnellement que je trouve bizarre, qui marchait peut-être aux siècles précédents, mais qui peut aussi devenir lassant. Dans un sketch, pas de souci, on rentre dans le jeu, mais dans une pièce ? En 2016 ?

Je vois que c'est "l'originalité" de la pièce L'envers du décor de Florian Zeller... Mmm, pas convaincue. 

Woody Allen fait parfois parler ses personnages directement à la caméra, ce qui est un peu le même principe, ou révèle ce qu'ils pensent vraiment en voice over, mais il le fait furtivement, le temps d'un dialogue ou d'une situation, mais trop d'apartés qui se suivent dans une même pièce, ça risque d'être un peu longuet à mon avis, un peu barbant à force. Pas évident à réussir.

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24 janvier 2016

Adaptations de films

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Je vois qu'il y a une adaptation théâtrale du film de Woody Allen, Maris et Femmes, à l'affiche en ce moment.

Je ne comprends pas l'envie d'adapter des films en pièces. A Broadway, c'est la grande mode, chaque saison les producteurs trouvent ingénieux de transformer un film (parfois même pas terrible) en spectacle musical.

Avec tous les gens qui écrivent des pièces aujourd'hui, vraiment, l'urgence est de reprendre une histoire qui a déjà été racontée ? Pourquoi ne pas monter tout simplement une pièce de Christian Siméon, l'auteur de cette adaptation de Maris et Femmes ? Je n'ai lu que Landru et fantaisies de lui, mais c'était sympa.

Encore des décisions qui me laissent perplexe.

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14 août 2015

Woody Allen et Clint Eastwood...

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... jouant deux SDF, j'aimerais bien voir ça.

C'est le film que souhaiterait faire Jean-Pierre Mocky à l'écouter lors de l'émission dont je parlais tout à l'heure, mais les producteurs les trouvant tous trop âgés, pas moyen de trouver le financement.

Quel dommage !

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18 juillet 2012

La tête à pleurer (3)

sad_faceEh oui, j'ai toujours cette histoire d'accident de la route sur mes étagères et non, elle n' a pas avancé d'un pouce. Lorsque je m'apprête à la reprendre, même passer l'aspirateur me paraît tout d'un coup passionnant.

Je suis allergique aux histoires tristes, c'est pour ça que j'ai du mal à écrire ce drame. Il s'agit en fait d'un accident d'une voiture et d'une mobylette, ce qui ne rend pas l'histoire plus drôle, je suis d'accord, et l'histoire ne permet aucun humour.

"A qui vais-je infliger un truc pareil ?" Est-ce ce genre de questions qui me bloque, la culpabilité de saper le moral des gens ?

J'aime les histoires qui donnent le sourire aux lèvres. Lorsqu'on sort d'un film de Woody Allen, par exemple, et qu'on regarde les spectateurs sortir de la séance précédente, les gens sourient, planent un peu, l'atmosphère est légère.

Vous ressortez d'une heure et demie à entendre les effets désastreux que peut avoir un accident de mobylette sur deux sœurs, vous vous dirigez de suite vers le bar du coin. Tout le monde sait que la vie réserve parfois de bien mauvaises surprises, non ?

J'ai quand même le titre, Un matin de juillet, titre hyper original qui n'a pas changé depuis le début, c'est déjà quelque chose. En fait j'ai presque le premier acte. Il faut juste que j'arrive à pondre les deux autres.

En attendant que cette histoire me passionne...

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04 mai 2012

Pourquoi écrit-on ?

question_du_jourMessage très ambitieux, je sais bien, mais je vais essayer d'analyser les motivations qui peuvent pousser quelqu'un à s'orienter vers l'écriture.

Je trouve toujours ça bizarre de prendre du retrait par rapport à la vie quotidienne pour mettre des mots sur papier. L'envie de communiquer oralement, spontanément, me paraît plus normale, davantage dans l'ordre des choses.  Pourquoi irait-on s'enquiquiner à quitter son entourage pour s'enfermer dans un bureau et essayer de donner forme à ce qu'on a dans la tête, alors que l'on peut parler à tout le monde directement, sans stylo, sans ordinateur, sans rien ?

Ce message est venu de mon message du 21 décembre 2011. Je parlais de deux faits divers particulièrement horribles et je disais que j'écrivais peut-être pour trouver un sens au monde qui m'entoure. Mmm, je ne sais pas si c'est la raison première, mais on peut dire sans se tromper que si on écrit, c'est qu'on a un problème.

Oui, oui, on a un problème, il ne faut pas se le cacher. Pourquoi vouloir refaire le monde ainsi ?

Peut-être que cela vient d'une certaine insatisfaction de la vie de tous les jours, de la réalité, qui est parfois horrible, c'est vrai, mais aussi un peu barbante. S'il n'y avait pas plus intéressant sur Terre que de bosser, dormir et faire son supermarché, pas de défi plus important, on s'ennuierait sérieux.

Il y a aussi l'envie de créer un univers plus sympa, qui nous ressemble davantage, un certain idéalisme qui pousse à se plonger des heures durant dans un monde plus agréable, moins injuste.

N'écrivant que des comédies, mon envie d'écrire vient sûrement de l'envie de rire davantage. Même si je suis toute seule à rire devant mon écran d'ordinateur (ce qui est un peu inquiétant, je sais bien), c'est aussi fort agréable.

Un besoin de rigolade donc, un besoin d'évasion qui touche certains plus que d'autres, l'écriture offrant une porte de sortie idéale.

C'est vrai que si se retirer du monde pour écrire est un peu bizarre, aller bombarder les gens dans la rue avec nos angoisses n'est pas vraiment faisable. Je ne vois pas Woody Allen accoster des gens à la sortie d'un bus pour leur demander : "Hé, les gars ! Vous ne trouvez pas la vie un peu absurde, vous ?". Ben non, tout le monde partirait en courant ou se précipiterait sur le pauvre gendarme du coin. Pour dire plus ou moins la même chose, il faut qu'il s'enferme dans son bureau pendant des jours pour déguiser ses angoisses et les rendre plus aptes à être partagées avec d'autres.

La communication orale n'est donc pas suffisante, on a besoin d'y mettre les formes pour s'exprimer pleinement. Ah ! là ! là !, ce n'est pas simple tout ça !

Peut-être qu'il y a aussi l'envie de laisser quelque chose de tangible dans ce monde, envie de laisser une empreinte quelque part ? Peut-être que la question devrait être : pourquoi ce besoin d'être créatif ? Allez, j'arrête là, car le mal de crâne n'est pas loin...

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13 novembre 2011

Un mois !

Je viens de lire un article sur Woody Allen qui parlait de son film Whatever works (message d'hier).

Dans cet article, il disait que l'écriture d'une comédie lui prenait UN MOIS !!!, l'écriture d'un drame, trois !!! Vous ne me voyez pas là, mais je suis en train de vomir...

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12 novembre 2011

"Whatever works"

clip_filmJe viens de voir ce film écrit et réalisé par Woody Allen, sorti en 2009 avec Larry David et Evan Rachel Wood.

Je ne sais pas pourquoi je n'avais pas spécialement envie de le regarder. Je l'ai enregistré à la télé depuis un bout de temps, mais je tardais à m'y mettre. Erreur ! J'ai trouvé ça très chouette.

Lorsque je regarde un film, je ne me triture pas la tête avec mille questions. Tout ce que je me demande c'est si j'aime ou pas, si le film me fait passer un bon moment ou non. Ici, un grand oui à ces deux questions.

Pourtant la partie n'était pas gagnée d'avance comme je l'ai dit. J'avais vu des extraits et cela ne m'attirait pas beaucoup. Le sujet même, une romance un peu insolite entre un homme vieillissant et une jeune fille qui arrive à New York, bof !

Mais j'avais tort, car ce film est bien plus que ça. L'histoire est bien celle d'une rencontre entre un génie de la physique, un retraité un peu misanthrope et qui voit tout en noir, et Melody, une jeunette fugueuse qui se retrouve un soir devant sa porte et demande s'il peut lui donner à manger. Il lui ouvre sa maison, elle s'installe et ils se marient, arrangement qui a l'air de convenir à l'un comme à l'autre. Puis la mère de Melody arrive avec son lot de problèmes, le père aussi et voilà que ses parents se libèrent sous leurs yeux.

J'ai trouvé l'actrice Evan Rachel Wood excellente dans un rôle qui n'est pas évident. Larry David aussi. Au début, son personnage parle à la caméra, procédé que je trouve un peu bizarre, sauf chez Woody Allen qui réussit toujours à s'en sortir avec brio.

Woody Allen a vraiment le chic de prendre le spectateur par la main et de le guider habilement dans son monde pour le relâcher une heure et demie plus tard, le sourire aux lèvres. Je ne sais pas si c'est parce que je me retrouve dans tout ce qu'il dit, mais je me laisse prendre à chaque fois. Et le message du film est juste, tant que ça marche dans une relation, pourquoi aller se chercher des poux ?

Enfin bref, réussir à écrire un scénario sur l'absurdité de la vie, le hasard de rencontres qui peuvent changer le cours d'une existence en un instant sans qu'on puisse y faire quoi ce soit, et le faire d'une manière distrayante et rigolote, moi je dis, bravo !

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19 octobre 2011

"Play It Again, Sam" (3H, 9F)

DSC02011Play It Again, Sam de Woody Allen (en français : Une aspirine pour deux), une pièce publiée en anglais aux éditions Samuel French.

Je ne compte plus le nombre de fois où j'ai vu le film tiré de cette pièce (titre du film en français : Tombe les filles et tais-toi). J'étais donc intriguée de lire la pièce pour voir la différence avec le scénario et je suis stupéfaite de voir que le scénario en est extrêmement proche, ce qui prouve que l'écriture théâtrale et l'écriture cinématographique ne sont pas si différentes.

Je suis contente d'avoir lu cette pièce pour cette raison. Etant intéressée par les deux formes d'écriture, cette pièce prouve que le travail en intérieur sur une scène n'apporte pas en fin de compte autant de restrictions que ça. L'histoire fonctionne très bien avec des jeux d'éclairage qui permettent l'apparition furtive de personnages et la représentation d'autres lieux et moments dans le temps.

L'histoire : Allen est un type maladroit, névrosé, qui vient de se faire quitter par sa femme Nancy. Ayant du mal à se remettre de leur divorce, il se tourne vers un couple d'amis, Dick et Linda, mais aussi vers son héros, Humphrey Bogart, étant passionné de cinéma. Ses amis essaient de lui changer les idées en lui organisant des rencontres avec d'autres filles, mais rien ne passe vraiment bien pour Allen, et c'est de Linda dont il se rapproche.

Très chouette comme histoire, une histoire qui me fait toujours sourire. Malheureusement le texte de la pièce est difficile à trouver en français. Elle a été publiée, mais est en rupture de stock depuis un bon bout de temps. Si je trouve la pièce en DVD, je vais devoir l'acheter, car j'aimerais bien voir ce que tout ça donne sur scène.

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