12 septembre 2013

"Espèces menacées" (6H, 2F)

DSC01966Espèces menacées (titre original : Funny Money) de Ray Cooney, une pièce en deux actes publiée par l'Avant-Scène Poche.

Je n'ai pas adoré cette pièce, je trouve que l'intrigue est trop tirée par les cheveux. Les quiproquos provoqués par des mallettes identiques ont été trop vus et ne me font plus beaucoup rire. Comme toujours avec Ray Cooney, les personnages n'arrêtent pas de dire des bobards pour expliquer d'autres bobards, mais pour moi, ce texte va trop loin. Je me suis un peu lassée en le lisant.

L'histoire : on est chez Yvon et Marie Lemouël. Yvon revient du boulot complètement stressé et dit à sa femme de faire ses valises sur le champ. Son problème ? Il vient de prendre la mallette de quelqu'un d'autre et celle qu'il a en main est pleine de fric. Temps d'aller se la couler douce à Rio ou ailleurs. Manque de chance, son épouse n'a aucunement envie de partir et attend du monde à dîner. Puis voilà que deux gendarmes arrivent, et c'est la zizanie chez les Lemouël.

Cette pièce ressemble assez à Stationnement alterné, si je me souviens bien, mais en plus poussé (je peux me tromper). 

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23 juillet 2013

Interview de Ray Cooney

microphoneC'est passionnant d'entendre le dramaturge Ray Cooney parler. Malheureusement il faut comprendre l'anglais pour apprécier cette vidéo (voir ici) mais cela vaut le coup, surtout pour ceux qui souhaitent écrire des comédies.

Cela me fait toujours rire de voir le sérieux avec lequel les dramaturges comiques parlent de leur boulot. Ben oui, faire rire demande un sacré travail, cela fait du bien de le rappeler de temps en temps.

Ray Cooney qualifie ses textes de "farces algébriques", et je l'ai remarqué en les lisant, ses textes suivent une mécanique impardonnable, l'acteur ne peut sauter une phrase sinon personne n'y comprendra plus rien.

La différence entre une farce et une comédie ? Dans ses farces, il met en scène des personnages de tous les jours dans des situations exagérées, pas tout à fait crédibles. Dans les comédies, on a des personnages excentriques dans des situations très réelles.

L'importance des répétitions où il teste son travail et voit si le public se sent concerné par ce qui se passe.

Pour lui, il ne faut pas que les comédiens essaient d'être drôles. Il faut qu'ils jouent comme s'ils jouaient Ibsen. S'ils font des grimaces ou tombent pour faire rire, ils faussent l'attente du public. En revanche, s'ils jouent la pièce comme elle a été écrite, sans l'angoisse de faire rire, petit à petit les spectateurs se prendront au jeu (il a tellement raison !).

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11 avril 2013

J'ai perdu Ray Cooney !

AnnoyedOu, pour être plus précise, Espèces menacées de Ray Cooney.

On vient de me demander si cette pièce achetée il y a un bon bout de temps était sympa... Impossible de dire pour la simple raison que j'ai perdu le bouquin. Voilà ce qui arrive quand on achète trop de livres. Certains disparaissent, impossible de mettre la main dessus.

Je dois faire du rangement bientôt, donc il y a de l'espoir de le revoir coincé en dessous d'une pile de papiers...

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18 juin 2012

"C'est encore mieux l'après-midi" (5H, 5F) + 3 clients H, 2 clientes F

DSC02059C'est encore mieux l'après-midi de Ray Cooney, une pièce en deux actes publiée par l'Avant-Scène (numéro 810).

Une pièce sur le thème du mari, de la femme et de la maîtresse. Très bien foutue, mais il faut s'accrocher car on n'a pas le temps de respirer, les allées et venues des personnages sont nombreuses et le rythme soutenu.

A partir d'une situation de départ du mari, Richard Marchelier, qui veut tromper sa femme alors qu'ils sont à l'hôtel pour une conférence politique et que celle-ci a le projet d'aller au cinéma, le tout s'enflamme et les quiproquos se multiplient. Le mari demande à son secrétaire, Georges, de lui de trouver une chambre pour y recevoir sa maîtresse. Georges, qui n'a pas l'habitude de ce genre de combines, ne trouve qu'une chambre voisine à celle du couple Marchelier. Au lieu d'annuler son projet, Richard Marchelier contacte sa maîtresse pour lui dire de venir, tandis que sa femme décide ne plus aller au cinéma et se met à aguicher le pauvre Georges qui est cette fois complètement dépassé par les événements...

Je lisais dans les critiques de fin de revue que "le vaudeville est toujours un peu un cauchemar" pour un des personnages, et c'est d'autant plus vrai chez Ray Cooney. Ses personnages sont toujours pris dans une tourmente infernale, où tout se complique à chaque scène, où chacun s'enfonce un peu plus dans le mensonge.

Je ne sais pas pas comment Ray Cooney fait pour ne pas perdre les pieds quand il écrit, maîtriser tous ces imbroglios. Il doit faire un maximum de plans résumant l'action pour chaque rôle. Impressionnant. C'est du jeu pur, pas de message intellectuel derrière tout ça, juste le plaisir de voir des personnages s'embourber davantage avec les minutes qui passent.

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26 décembre 2011

Dramaturges de l'année ?

Découverte : Alan Ayckbourn.

Re-découverte : Jean Anouilh et Ray Cooney.

Voici les auteurs que j'ai particulièrement appréciés cette année.

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13 juin 2011

Ray Cooney, technique dramatique

festival

Quelques propos figurant dans l'Avant-Scène numéro 1103 sur la technique dramatique de Ray Cooney :

Les pièces de Ray Cooney étaient toujours rodées en province avant d'arriver à Londres. De cette manière, la pièce devenait "une Rolls-Royce bien rodée dont on connaît tous les rouages".

(Les pièces de Ray Cooney sont) un produit de luxe, à la charpente solide et dont les finitions ont exigé des heures de mise au point. Ainsi, le premier acte, qui ne doit provoquer qu'une demi-douzaine de rires au plus, est toujours lent, "pour camper une vraie situation et faire vivre des personnages réels. Dans la deuxième partie, les spectateurs commencent à croire aux personnages et se mettent à rire." Le rythme s'accélère.

Dans toutes ses pièces, Ray Cooney aime placer "un personnage très banal dans une situation à laquelle il ne s'attendait pas du tout. A partir de là, le pauvre malheureux est entraîné dans un imbroglio inextricable dont il ne pourra se sortir qu'en accumulant les mensonges et les actes les plus fous". La scène  devient "un brasier de quiproquos, de fausses pistes, de fausses identités. Les héros courent, zigzaguent et tombent immanquablement dans les bras des dernières personnes qu'ils auraient dû rencontrer." Alors, pris de panique, ils improvisent n'importe quoi et le rire s'installe".

La farce est construite et jouée avec beaucoup de précision et de vérité, sans excès grotesque. Tout est prémédité et travaillé avec une telle subtilité que le public ne s'en aperçoit qu'après la représentation. Cette technique a été souvent comparée à la célèbre "horlogerie" de Feydeau.

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12 juin 2011

Ray Cooney

Aimant de plus en plus ce dramaturge anglais, voici un petit topo sur lui :

Il est né à Londres en 1932.

Il a commencé par jouer la comédie avant de se tourner vers l'écriture. Il n'a jamais lâché sa passion pour le jeu, il a joué pratiquement dans toutes ses pièces (dont il assurait aussi la mise en scène).

Il n'a pas fait d'études, s'il avait été à l'université selon lui, il pense qu'il aurait écrit de manière différente, probablement plus intellectuelle.

Ses principales pièces sont :

3 Partout (Titre original : One for the Pot)
Le saut du lit (Move over, Mrs Markham)
Une fille drôlement gonflée (Why not stay for Breakfast?)
Le vison voyageur (Not now Darling)
Voyez-vous ce que je vois ? (There goes the Bride)
Double Mixte, qui devient Stationnement alterné (Run for your wife)
C'est encore mieux l'après-midi (Two into One)
La Galipette (Wife begins at Fortys)
Panique au Plazza (Out of Order)
Impair et Père (It Runs in the Family)
Espèces menacées (Funny Money)
Chat et souris (Caught in the Net)

Mais aussi (en anglais) :

Who were you with last night?
Chase me Comrade
Charlie Girl (comédie musciale)
My Giddy Aunt

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10 juin 2011

"Impair et père" (7H, 5F)

DSC01860Impair et père de Ray Cooney, une pièce en deux actes publiée par l'Avant-Scène (numéro 1103).

Une pièce que j'aime bien. Dès les premières pages, le personnage principal se met à mentir comme il respire, provoquant un tas de situations amusantes. Je me demande comment Ray Cooney ne perd pas le fil avec tous les bobards qui sortent de la bouche de ses personnages. Il doit écrire avec un tableau qu'il consulte à tout bout de champ, ce n'est pas possible autrement.

L'histoire : le docteur Pierre Jouffroy s'apprête à donner une conférence devant 300 confrères médecins lorsqu'une infirmière, anciennement à son service, lui annonce qu'il est le père de son fils et que celui-ci veut le voir.

Ne voulant pas faire face à ses responsabilités alors que son épouse est dans les parages, il fait croire qu'un de ses collègues est le père du jeune homme.

Tiraillé entre un fils qui veut le connaître, sa femme qui essaie d'y comprendre quelque chose, son directeur qui s'impatiente à entendre son discours, un homme âgé un peu gaga qui n'est pas mécontent de voir un peu d'animation autour de lui, et un policier encombrant, le pauvre docteur Jouffroy n'a pas une seconde de répit et le spectateur ne souffle pas une seconde.

Les acteurs qui jouent une pièce de Ray Cooney doivent être en super forme car lorsqu'une pièce est autant fondée sur le mensonge, si l'on saute un ou deux dialogues, la suite risque de ne plus avoir de sens.

Ray Cooney est un auteur à part. Je ne vois pas quel autre auteur comique s'amuse à autant envenimer la situation de ses personnages en leur faisant dire ce qui lui passe par la tête.

Parfois je ne sais pas si une pièce doit vraiment être classée dans ma rubrique "Pièces comiques". Aucune hésitation ici, le rire est garanti.

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06 avril 2011

Ray Cooney

microphone

Ecrivant des comédies, je suis toujours intéressée de savoir comment les maîtres du genre s'y prennent, leur méthode de travail. Voici quelques propos de Ray Cooney où il livre ses principes d'écriture.

Il répondait aux questions de Stewart Vaughan et Olivier Celik lors d'une interview qui lui était consacrée lors de la publication de Stationnement alterné à l'Avant-Scène.

"Je me suis toujours imposé une discipline particulière : réécrire sans pitié, et sans états d'âme. Après avoir joué Funny Money (Espèces menacées) pour
la première fois, j'ai abandonné mon deuxième acte et je l'ai totalement réécrit."

"Il y a un certain nombre d'éléments que toutes mes pièces ont en commun. Il faut toujours un élément de danger, et la représentation d'une autorité qui
peut déclencher ce danger. Dans toutes mes pièces, l'action est continue. Elles ne sont pas coupées en scènes au début desquelles il faut expliquer au public ce qui s'est passé depuis la fin de la scène précédente."

"Il faut que l'action soit toujours celle d'une tragédie, que les personnages soient vrais et reconnaissables, que le texte soit interminablement réécrit pour atteindre la perfection des Rolls-Royce, que tout se passe en temps réél, en tablant sur l'intelligence du public, invité à participer à la pièce par son imagination".

C'est toujours intéressant de connaître la manière de faire d'un dramaturge.

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19 février 2011

"Stationnement alterné" (6H, 2F)

DSC01783Stationnement alterné, de Ray Cooney, une pièce en deux actes publiée par l'Avant-Scène (numéro 1194).

Voilà une bien jolie surprise. J'avais lu Le saut du lit de Ray Cooney il y a deux ans, j'avais bien aimé mais avais trouvé qu'il y avait tout de même trop de portes qui claquaient à mon goût. Pas le cas ici. Pas facile à mettre en scène car il y a deux décors, deux apparts à montrer en simultané, et les répliques au tac au tac, le rythme soutenu du texte doivent être éreintants pour les acteurs.

J'ai vraiment beaucoup aimé cette pièce. L'histoire est celle de Jean, un chauffeur de taxi, qui a deux foyers, deux femmes qui l'aiment, une à Montreuil, l'autre à Ivry. Jusque-là, il a réussi à mener une double vie grâce à son emploi du temps bien minuté, mais un jour, du fait d'un accident, tout déraille...

Je vais lire maintenant Père et Impair de Ray Cooney, car c'est tout à fait mon style de divertissement.

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