29 janvier 2016

Ecriture théâtrale : pourquoi s'y intéresser ?

dilemme

Voilà une question que je me pose de plus en plus.

Si les producteurs et directeurs de théâtre privés ne souhaitent pas lire ce que les aspirants dramaturges écrivent, n'ont même pas un brin de curiosité concernant les thèmes qu'ils choisissent d'aborder, et si les lecteurs de roman boudent en masse le texte théâtral, euh... les gens qui écrivent des pièces se décarcassent pour qui exactement ? 

Je sais que toute forme d'écriture est une manière de se parler à soi-même, mais quand même, comment on peut espérer voir des pièces marrantes ou bien ficelées dans quelques années si on fait aussi peu de cas aujourd'hui de l'écriture dramatique ? 

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09 janvier 2016

Ecrire un roman ou une pièce de théâtre ?

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Tout dépend si l'on souhaite bavarder ou pas.

Aucune possibilité de s'épancher au théâtre, je l'ai déjà dit, tout est action, il faut que ça bouge. Concocter de bonnes répliques est sympa mais pas suffisant, il faut qu'elles amènent quelque chose, fassent avancer le schmilblick. Et il faut aller vite. On ne peut pas s'éterniser à faire passer un message par le biais de longues conversations entre deux personnages assis tranquillement sur des chaises. Il faut que les mots déguisent, supportent une action.

Dans le roman, on peut tchatcher, faire mille parenthèses, c'est le langage, le style qui est primordial, l'action est secondaire.

Il faut voir donc ce qu'on a envie de faire. Écrire pour la scène est un exercice selon moi plus cérébral, presque mathématique, où il faut réfléchir pour justifier la présence de chaque personnage, orchestrer les entrées et sorties de chacun. Là est le vrai travail d'écriture d'une pièce, dans l'agencement de scènes, dans l'organisation, le raisonnement pour que tout soit logique. Le roman est une forme plus souple, plus libre, on fait un peu ce qu'on veut.

Je pense que c'est un goût pour l'interaction et les dialogues qui m'a fait commencer par le théâtre, mais au bout de quelques pièces, on prend conscience de la rigidité de cette forme. La bonne nouvelle est qu'il est plus facile à mon avis de passer du théâtre au roman, plus facile de se lâcher que de se brimer. Peut-être que c'est pour ça qu'il y a plus de romanciers que de dramaturges, c'est plus attrayant de pouvoir faire ce qui nous chante.

18 décembre 2015

"Un angoissant excès de simplicité"

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Voilà ce qu'Henry James aurait dit à propos de l'écriture théâtrale :

Le théâtre exige "un angoissant excès de simplicité".

Si juste. 

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28 novembre 2015

Chacun chez soi

phone

Je parlais l'autre jour des sujets de pièces qui ne m'emballent pas.

Avoir deux personnages chacun chez soi qui se parlent au téléphone ne me branche pas trop non plus. Ce sont des histoires entièrement fondées sur des échanges de conversations téléphoniques avec parfois, si on a de la chance, rencontre à la fin et je trouve le procédé un peu laborieux pour le spectateur.

Une pièce de ce type "Encore une histoire d'amour" de Tom Kempinski va être programmée au studio des Champs-Elysées l'année prochaine. Peut-être que le public viendra, qui sait ? Personnellement, je n'aime pas quand le téléphone (ou l'ordinateur) tient une trop grande place dans une histoire.

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27 novembre 2015

Faire le lien

writing

C'est ça le plus difficile en fin de compte, faire qu'il y ait progression entre les scènes qu'on propose.

J'entendais parler d'un spectacle l'autre jour et le reproche qu'on lui faisait c'était que les scènes extraites de grands classiques n'avaient pas de lien entre elles, on cherchait le fil conducteur.

Et c'est bien là la difficulté, agencer des scènes entre elles en suivant un arc de pensée bien précis. Qu'on pique des scènes à d'autres ou qu'on les ponde soi-même, sans lien, sans message d'ensemble, moi, je me dis c'est bien gentil, mais à quoi ça rime ?

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18 novembre 2015

A-t-on encore besoin de texte ?

question_du_jour

Quand on achète un ebook, il faut se méfier parfois, car on peut avoir une belle couverture, mais le livre virtuel ne fait en fin de compte que 15 pages ! On n'achète plus vraiment de contenu, quoi, on achète du vent.

Au théâtre, c'est un peu pareil, on met Sylvie Vartan sur scène et les gens viennent. Ils se disent en sortant "c'est une idée où il n'y avait pas de scénario, pas vraiment d'histoire" mais ce n'est pas trop grave, quelque chose avait l'air de manquer, mais on ne se plaint quand même pas auprès de la direction de l'établissement.

D'où ma question, peut-on désormais faire sans texte ?

14 novembre 2015

Raccourcis (2)

grands_th_atres

Les rachats de théâtres (tels que la Madeleine récemment) par de grands groupes financiers font craindre un peu quant à l'innovation théâtrale à venir.

Il y a pas mal de nouveaux directeurs de salles qui semblent vouloir faire davantage du spectacle que du théâtre. Je ne critique pas, car entre un spectacle de chansons dynamique et un texte verbeux et ennuyeux, je choisis la chanson.

Ceci dit, une petite pensée quand même pour les dramaturges qui risquent de se perfectionner dans l'art de se tourner les pouces...

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Raccourcis

singing

Pour continuer mon message d'hier, je parie qu'il y aura de moins en moins de pièces dans les théâtres dans les années qui viennent, et de plus en plus de raccourcis. Des raccourcis sont pour moi des spectacles qui ne demandent pas de grands efforts d'écriture.

Les pièces "à l'ancienne" seront remplacées par des spectacles de chansons (on en voit déjà de plus en plus), de la danse, des cours déguisés d'histoire, mais de moins en moins de pièces à plusieurs personnages construites spécialement pour la scène.

Dommage.

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13 novembre 2015

Lire un texte sur scène, est-ce du théâtre ?

distribution

Contrairement à ce que j'ai dit hier, je vais m'étendre sur ces lectures sur scène.

Je ne comprends pas par exemple le succès des pièces où deux acteurs se lisent des lettres, le nez fourré dans des papiers. Bonjour l'interaction avec le public ! Pour moi, ce n'est pas du théâtre, mais juste une lecture de paperasse.

Pas vraiment du théâtre non plus quelqu'un qui parle tout seul sur une scène, l'acteur devient alors plus un conteur qu'autre chose.

D'où ma question : sans échanges et dialogues entre plusieurs personnages, peut-on parler de pièce ?

Goupiller des entrées et des sorties de personnages et faire qu'une histoire se raconte par le biais de dialogues entre plusieurs acteurs est un sacré boulot. Seul ce travail-là, pour moi, mérite l'appellation de pièce de théâtre, le reste n'est que raccourcis.

24 octobre 2015

Pièces de théâtre comiques vs Romans comiques

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Comme je m'intéresse désormais à l'écriture romanesque, je ne peux m'empêcher de faire la comparaison avec le théâtre, et je me demande depuis quelque temps si ce n'est pas plus difficile d'écrire une pièce qu'un roman, si l'écriture théâtrale n'est pas en fin de compte la forme d'écriture la plus compliquée, d'où les nombreux spectacles qui manquent de peps, ne tiennent pas vraiment la route, ennuient, laissent les spectateurs perplexes.

Je parle surtout de pièces et de romans comiques, car si on écrit un roman sur la Seconde Guerre mondiale et qu'on doit faire tout un tas de recherches, le travail sur le bouquin sera sûrement plus laborieux.

Mais dans la comédie, la scène ne laisse vraiment pas beaucoup passer. Dans un roman comique, les situations doivent être marrantes, bien entendu, mais c'est surtout l'écriture qui porte le tout. C'est la manière de raconter l'histoire qui fait que le lecteur continue à lire même si la situation n'évolue pas trop. D'ailleurs dans les derniers pavés de 800 pages que je viens de lire, il y a de gros creux, des pages où il ne se passe absolument rien, mais on continue parce que la lecture est marrante. Sur la scène en revanche, tout n'est qu'évolution, il me semble, et si la situation stagne, oups, qu'est-ce que ça se sent, et l'écriture ne peut rien sauver, un échange de vannes deviendra vite bizarre.

Bref, faire que tout avance toujours sur scène n'est vraiment pas évident.