20 novembre 2015

Faut-il être riche pour faire entendre des histoires ?

euros

Je parle du théâtre comme du cinéma.

Au théâtre, de plus en plus d'auteurs en France achètent des établissements et y jouent leurs pièces.

Au cinéma, je vois qu'Angelina Jolie commence à sortir des projets maison, des films écrits, produits par elle et dans lesquels elle joue avec Brad Pitt. Ils multiplient les interviews ces derniers jours pour créer le buzz, d'où ma question : faut-il être riche pour faire entendre ses histoires ?

Je sais bien que quand on a plein d'argent, on peut le dépenser à sa guise, mais quand même, il doit y avoir des bons scénarios qui traînent dans des studios de production et ne voient pas le jour par manque de financement, alors qu'Angelina Jolie écrit un scénario (est-ce son premier ?), se produit elle-même et trouve d'emblée un distributeur.

Son film s'intitule By the sea et parle d'un couple qui tente de reconnecter en faisant un break dans le sud de France. Rien n'a  l'air de se passer et les critiques sont loin d'être élogieuses... mais bon, c'est la vie, le film sort en salle.


27 juillet 2012

Ecriture d'une pièce de théâtre et d'un scénario

Y a-t-il une si grande différence ? Essayant d'écrire les deux, je me pose souvent le problème.

Comme je l'ai déjà dit dans un message précédent, je trouve que l'écriture d'une pièce permet moins de partir dans tous les sens, force à se maîtriser plus qu'un film.

On peut malheureusement aujourd'hui faire un film avec rien, du genre Valentine's Day, où l'on juxtapose quelques histoires autour d'un thème et c'est bon. On se fout complètement des personnages que l'on voit évoluer par mini-sketch et le tout doit prendre un sens, car il s'agit du même jour : la Saint-Valentin. Qui ça intéresse vraiment ?

Enfin bref, traduisons ce film sur scène et qu'est-ce que nous avons ? Rien ou, pour être exact, un défilé de personnages, chacun venant dire quelques lignes pour repartir aussi vite et laisser la place à d'autres. Où je veux en venir avec tout ça ?

Qu'il me semble que sur la scène il est plus difficile de présenter n'importe quoi ou alors, si on le fait, la nullité saute immédiatement aux yeux.

Au cinéma, on peut prétendre avoir une histoire en offrant des distractions visuelles, des décors de vacances par exemple, mais en fait ne rien avoir du tout, aucune intrigue, aucune direction, aucun message.

De nombreuses comédies romantiques se situent de nos jours à Hawaï, en Irlande, en Alaska où je ne sais où, comme pour faire oublier le reste. Ce n'est pas un hasard, j'ai bien peur.

29 mars 2012

Quatorze jours !

Je n'en reviens toujours pas que le film Une leçon d'amour d'Ingmar Bergman ait été écrit en 14 jours. J'ai dû regarder le film une seconde fois hier soir pour essayer de déceler des problèmes, des paresses, des raccourcis qui m'auraient échappé le premier coup, en vain.

Je n'arrive pas à comprendre comment une histoire aussi bien construite et des répliques aussi bien vues peuvent arriver dans la tête de quelqu'un en deux semaines. La construction est géniale, le tout est super bien mené et drôle... Là, je pêche.

Dans le genre écriture rapide, paraît-il que Sylvester Stallone aurait écrit le scénario de Rocky en trois jours... Qui dit mieux ? Une soirée ?

Pas croyable. J'aurais bien aimé être une petite souris pour voir comment Ingmar Bergman écrivait, je dois dire. Il va falloir que je me procure ses biographies, il n'y a pas à tortiller.

Posté par latetearire à 06:23 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

03 mars 2012

La tuile (2)

confused_readerDans la série des catastrophes (pour faire suite à celle d'hier)...

Je viens de relire un scénario que j'ai envoyé il y a deux ans au concours WriteMovies. Enfin j'ai lu les deux premières pages et je me suis dit : Mais comment j'ai pu envoyer un truc pareil ? Comment je n'ai pas pu voir que l'idée était loin d'être géniale et le tout pas intéressant ? Je lis beaucoup de pièces de théâtre et de scénarios, arrive à les juger, mais les miens, pfft !

Le conseil que l'on peut lire dans les manuels d'écriture est de laisser ses textes de côté pour les regarder d'un œil neuf. Mais que c'est juste ! Et on ne parle pas d'une semaine, mais d'au moins six mois, voire un an, il me semble.

On ne peut avoir un regard critique sur ce qu'on écrit qu'en l'oubliant complètement. Je le savais pourtant, mais étais impatiente. Le scénario nul que j'ai envoyé au concours WriteMovies venait d'être bouclé, je sentais bien que l'idée était un peu tirée par les cheveux et que j'allais un peu trop vite en besogne, mais je me suis dit : Allez, on ne sait jamais. Erreur !

Une pensée en passant pour les pauvres lecteurs du concours WriteMovies. Ils doivent être sidérés de voir toutes les horreurs qui leur arrivent. Et le mien est arrivé en demi-finale (sûrement parce que j'avais respecté les codes de présentation), ce qui fait craindre le reste.

Heureusement pour eux, ce sont des professionnels qui ont sûrement dû écrire à un moment ou à un autre et qui doivent savoir que l'apprentissage de l'écriture n'est pas instantané et que certains ne s'améliorent qu'en faisant de grosses bourdes.

Posté par latetearire à 06:30 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

11 novembre 2011

Log line

SCENARIO Ce message est plus spécifique à l'écriture d'un scénario. 

Lorsque l'on s'intéresse à l'écriture cinématographique et qu'on parle un peu l'anglais, on se retrouve forcément un jour sur les blogs américains sur le sujet. Ils sont nombreux et pour la plupart très intéressants. On y parle souvent de l'importance d'avoir une bonne log line, à savoir une bonne manière de résumer succintement le sujet de son film.

Une log line est un résumé bref et alléchant de son histoire. On parle d'une phrase (ou deux si on ne peut vraiment pas condenser), mais pas d'un long paragraphe.

Tout le monde s'accorde à dire que trois éléments doivent y figurer. On doit savoir qui est le héros de l'histoire, quel est son problème et ce qu'il compte faire pour le régler.

D'autres résument cela autrement : qui est le héros de l'histoire, qu'est-ce qu'il veut, et qu'est-ce qui l'empêche d'obtenir ce qu'il veut.

Moi, je résume ainsi : le héros, son stress, ce qu'il va faire pour déstresser.

C'est important d'être le plus précis possible quand on parle du personnage principal. Au lieu de dire "c'est l'histoire d'une fille/d'un type"... il vaut mieux dire "c'est l'histoire d'une jeune libraire timide/un étudiant mal dans sa peau"... de rajouter un maximum d'adjectifs pour le ou la caractériser, éviter de rester vague.

La manière dont il va faire face à son problème, son stress, doit aussi être claire assez vite, sinon on ne sait pas trop où on va.

La difficulté d'un bon résumé d'histoire est que non seulement il faut faire passer ces trois informations de manière habile, mais aussi éveiller l'intérêt du lecteur (ou du producteur) en indiquant le traitement original que l'on va en faire, notre empreinte sur le sujet. Et c'est ça qui n'est pas évident, cela fait beaucoup d'infos à passer en peu de mots.

Ce n'est pas une idée géniale de penser à sa log line une fois l'histoire terminée. Mon grand défaut ! J'ai tendance à pondre un texte qui change pas mal en cours de route et à me retrouver avec un texte sans résumé d'histoire bien précis. Ce n'est pas malin et complique énormément les choses. Il vaut mieux avoir une idée forte dès le début, bien formulée dans sa tête et écrire l'histoire en y revenant sans cesse.

Voilà pour la théorie. 

Pour le théâtre, il faut bien entendu savoir aussi résumer son histoire, sinon comment peut-on en parler ? Mais dans la mesure où il y a moins d'action, moins de liberté d'écriture, le principe des trois éléments de la log line n'est pas forcément applicable (enfin, je pense). Je vais étudier la question.

Posté par latetearire à 06:30 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,


06 novembre 2011

Scénarios en français

Par rapport aux États-Unis, la France est en retard dans la publication de scénarios. Les choses s'arrangent depuis quelques années, grâce aux éditions des Cahiers du cinéma et Point virgule, sans parler des éditions de l'Avant-Scène Cinéma qui ont commencé la publication de scénarios il y a des années, mais malgré tout, il est difficile de se procurer les scénarios des films qui sortent en français.

C'est une chose étrange, car on compte de nombreux scénaristes talentueux et les films français ont une renommée internationale, donc on s'y connaît un peu en matière d'histoire et de fiction, mais on ne publie pas pour autant les textes à succès.

Lorsque l'on parle anglais, on peut passer des soirées entières à télécharger des scénarios. En français, le choix est plus que limité, ce qui ne facilite pas la tâche de ceux qui sont intéressés par l'écriture cinématographique.

Posté par latetearire à 06:22 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : ,

12 octobre 2011

Faire vivre ses idées, Pedro Almodóvar

Voici un extrait d'article paru dans le Studio-Ciné Live du mois dernier. L'article était intitulé La leçon de cinéma de Pedro Almodóvar et je n'inclus ici que ses propos concernant l'écriture de scénario, la partie intitulée "Faire vivre ses idées" :

"Ma manière de procéder, pour écrire un scénario, ne varie pas beaucoup. Que l'inspiration me vienne d'un roman, d'une histoire que j'ai lue dans le journal ou d'une idée qui surgit en me baladant, j'écris très vite une dizaine de pages, soit l'équivalent d'un court métrage.

Ensuite, je laisse les choses reposer. J'attends qu'elles évoluent et progressent dans mon esprit. Je note alors, dans un carnet, tout ce qui me passe par la tête ayant un rapport, de près ou de loin, avec cette idée. J'accumule ainsi une centaine de pages. Ça part dans toutes les directions.

Il peut se passer un, voire deux ans, avant que je me remette au travail pour rédiger le scénario. À partir d'une arborescence de personnages, d'intrigues et d'actions multiples, j'essaye de tout faire converger vers une ligne directrice.

Commence alors un travail de polissage où j'élague au maximum. Toutefois, rien n'est figé puisque vont s'y ajouter des recherches complémentaires. Pour La piel que habito, il a fallu, par exemple, que je me renseigne sur les possibilités de la chirurgie. Cette méthode d'écriture est finalement comparable à celle d'un écrivain. J'ai pu le constater en discutant avec des amis auteurs.

La rédaction du script dure environ deux ans. La seule exception, dans toute ma carrière, a été Femmes au bord de la crise de nerfs, que j'ai écrit en quatre mois, d'un seul trait. Je ne pouvais plus lâcher ma plume, comme si je portais cette histoire au fond de moi, il fallait qu'elle surgisse.

Ecrire un scénario, c'est comme faire de la cuisine, vous pouvez concocter plusieurs plats en même temps, chacun à un stade de préparation différent. C'est pour cela que jai toujours trois idées à l'esprit avant d'en voir une s'imposer. Je vis constamment avec des fictions en tête.

J'ai conscience que cette méthode diffère de celle des auteurs professionnels à Hollywood, qui n'ont qu'un mois pour fournir un script. Je suis et je reste un artisan."

Posté par latetearire à 06:37 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

18 avril 2011

Un personnage qui parle tout seul

Tant que j'y suis à parler des choses qui m'énervent à l'écran ou sur scène, je n'aime pas trop lorsqu'un personnage se met à parler tout seul, par exemple après une conversation au téléphone ou dès qu'un autre personnage a le dos tourné.

Pourquoi cela se ferait au cinéma ou au théâtre alors que cela ne se fait pas dans la vie (si on est relativement sain d'esprit) ? On ne se met pas à dire tout haut ce qu'on va faire, notre plan pour la journée, ce qu'on pense de telle ou telle personne qui vient de nous embêter ou autre !!! O.k. on peut lâcher un gros mot si on est énervé, parler à un animal domestique ou à un mur comme dans Shirley Valentine, mais toute une tirade pour soi-même ? Pas vraiment.

C'est facile de faire parler des personnages lorsqu'ils sont seuls... Pas besoin de créer des situations, le personnage se regarde dans la glace et c'est parti mon kiki, il dit tout au public...

A éviter selon moi...

Posté par latetearire à 07:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

17 avril 2011

Voix over

Tant que j'y suis à parler de voix over (voice over) et de l'écriture de scénarios, ce procédé d'écriture m'énerve un peu.

Cela m'agace les films qui commencent par une voix over (à part ceux de Woody Allen qui fait ça très bien), mais dans des mains moins habiles, cela m'horripile assez vite et c'est la première chose que je me demande lorsque je m'apprête à voir un film dont je ne connais rien : va-t-on commencer par une voix over ou pas ?

C'est facile de montrer des images et de les commenter, cela enlève le sacré problème de l'exposition, le casse-tête du scénariste qui doit transmettre par le biais d'une conversation un minimum d'infos pour que le spectateur se mette dans le bain et comprenne l'histoire.

Il y a des expositions en voix over qui exagèrent : Et v'là pas que je m'appelle comme ça, et que j'habite là, et voici ma femme, mon chien... c'est tout juste si on n'apprend pas ce que le personnage a eu pour dîner la veille au soir et tous les soirs de la semaine.

Je n'écris aucun début de scénario en voix over. Je n'aime pas non plus au théâtre lorsqu'un personnage arrive sur scène pour expliquer aux spectateurs ce qui va se passer. Cela coupe tout pour moi, car je trouve cela fainéant, paresseux comme début.

C'est monotone aussi. J'aimerais bien savoir la proportion de films qui commencent par ce procédé. La moitié peut-être ? Ou peut-être parce que cela m'énerve, je le remarque plus que je ne le devrais ? On voit quelques images et hop, une voix se fait entendre et nous explique ce qui va se passer. Pas très excitant...

Posté par latetearire à 08:24 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

16 avril 2011

Voix off, voice over, hors champ, off-screen...

Quelle est la bonne terminologie ? Lisant des textes de théâtre et des scénarios de films en français et en anglais, c'est vraiment à s'y perdre.

La vie me semble assez compliquée comme ça sans qu'il y ait toute une liste de termes pour signifier qu'une personne qui parle sur scène ou à l'écran n'est pas visible. Il y a des différences entre le français et l'anglais, l'anglais et l'américain, on ne s'en sort plus ! Ce n'est pas si compliqué tout de même.

Il ne devrait y avoir que deux termes à employer selon moi, OFF et OVER.

OFF si la personne qui parle était sur scène ou sur écran et est partie (ou va arriver). La personne est près de l'action.

OVER si la personne n'a jamais fait partie de la scène, est à mille lieux de l'action et commente ce qui se passe, ce qu'elle ressent, ou est tout simplement une voix du passé...

Commençons par OFF et le théâtre (qui veut tout simplement dire que la personne est hors scène, dans les coulisses quoi). Dans le texte, on pourra lire :

Juste au moment où on entend les appels frénétiques de Hugh, off
Voix de Hugh : Help ! Help ! Quelqu'un ! (On aurait aussi pu lire : Hugh (off) : Help ! Help ! Quelqu'un !)
(Canard à l'Orange, p.22)

OFF, pour un scénario de film :

Sur la suite off du texte, on cadre la porte où apparaissent... (César et Rosalie, Avant-Scène p.15)
Bruit off de la porte qui claque
(César et Rosalie, Avant-Scène p. 57)
Bruit de moteur off (César et Rosalie, Avant-Scène p.57)
Alex prend Gilbert par l'épaule et l'entraîne vers l'escalier de sortie où ils disparaissent. Les dernières phrases sont off. (Garçon, Avant-Scène p.42)

OVER pour le théâtre n'existe pas vraiment, tout se passe généralement sur scène. OVER pour le cinéma est très courant. Beaucoup de films commencent par une voix qui commente. Voilà le principe.

Maintenant, dans les scénarios de film, on rajoute souvent le mot "voix" à off et over ou "voice" en anglais. Pas de problème, voix off, voix over, voice over. Le tout c'est d'être consistant tout au long de son texte.

Là où je tique c'est lorsque je vois dans certains scénarios (O.S), à savoir off-screen or out of sight (je crois bien avoir vu cette traduction quelque part), à savoir hors champ. Pourquoi se compliquer l'existence ? OFF fait aussi bien l'affaire.

On ne devrait utiliser hors champ à mon avis que dans les jeux de regard, à savoir :
Il suit la voiture des yeux hors champ...

Comme je le disais, c'est un peu le foutoir et on trouve un peu de tout dans les scénarios. J'ai regardé dans mes scénarios bilingues de Woody Allen pour voir comment se faisait la traduction.

Par exemple dans Harry dans tous ses états (Deconstructing Harry en anglais), "voice over" dans le texte anglais est traduit par "voix off, récit" en français. J'avoue que c'est une nouveauté pour moi.

Ecrire est suffisamment compliqué sans s'en rajouter, non ?

Posté par latetearire à 08:29 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :