09 janvier 2016

Ecrire un roman ou une pièce de théâtre ?

creuse_meninge

Tout dépend si l'on souhaite bavarder ou pas.

Aucune possibilité de s'épancher au théâtre, je l'ai déjà dit, tout est action, il faut que ça bouge. Concocter de bonnes répliques est sympa mais pas suffisant, il faut qu'elles amènent quelque chose, fassent avancer le schmilblick. Et il faut aller vite. On ne peut pas s'éterniser à faire passer un message par le biais de longues conversations entre deux personnages assis tranquillement sur des chaises. Il faut que les mots déguisent, supportent une action.

Dans le roman, on peut tchatcher, faire mille parenthèses, c'est le langage, le style qui est primordial, l'action est secondaire.

Il faut voir donc ce qu'on a envie de faire. Écrire pour la scène est un exercice selon moi plus cérébral, presque mathématique, où il faut réfléchir pour justifier la présence de chaque personnage, orchestrer les entrées et sorties de chacun. Là est le vrai travail d'écriture d'une pièce, dans l'agencement de scènes, dans l'organisation, le raisonnement pour que tout soit logique. Le roman est une forme plus souple, plus libre, on fait un peu ce qu'on veut.

Je pense que c'est un goût pour l'interaction et les dialogues qui m'a fait commencer par le théâtre, mais au bout de quelques pièces, on prend conscience de la rigidité de cette forme. La bonne nouvelle est qu'il est plus facile à mon avis de passer du théâtre au roman, plus facile de se lâcher que de se brimer. Peut-être que c'est pour ça qu'il y a plus de romanciers que de dramaturges, c'est plus attrayant de pouvoir faire ce qui nous chante.


28 décembre 2015

Ecrire à la Henry James

imagination

Non, je n'ai pas la recette qui permettrait d'écrire comme Henry James (malheureusement).

Voici juste quelques lignes d'un article expliquant sa manière de travailler avant les ordinateurs.

Atteint de la crampe de l’écrivain, son futur littéraire (et notre bonheur) est sauvé grâce à la machine à écrire, récemment mise au point. Comme il n’apprend pas lui-même à se servir de ce nouvel objet, l’élaboration de ses œuvres nécessite maintenant la présence d’un secrétaire, auquel il dicte, avec une élocution remarquablement fluide, ses travaux tout en faisant les cent pas à ses côtés.

Il corrige ensuite le texte tapé qui est alors retapé: la prose s’élabore par perfectionnements successifs. Le premier roman écrit en partie ainsi est Ce que savait Maisie (1896-1897). Cette nouvelle manière de rédiger semble avoir affecté son style, certains décelant dans ce roman le moment où l’auteur serait passé de l’écriture manuelle à la dictée.

Pour lire tout l'article, intitulé Henry James : un auteur européen ?, voir ici.

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25 novembre 2015

Le scénario déguisé

directing

Cela m'énerve aussi, car si on veut écrire un scénario qu'on écrive un scénario, pas un roman prêt à être filmé.

L'autre jour, je regardais un romancier connu à la télé paraître surpris quand le journaliste lui faisait remarquer que son nouveau bouquin avait tous les atouts d'un film et était presque déjà divisé en séquences, prêt pour le tournage.

Ah oui ? a-t-il fait d'un air faussement innocent.

Tu parles, il l'a écrit en pensant à une adaptation au cinéma, qu'on ne me fasse pas croire le contraire.

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24 novembre 2015

La nouvelle déguisée

sold

Je parle du même livre qu'hier, de la nouvelle que l'on déguise en roman, d'une histoire qui ne devrait être qu'une nouvelle dans un recueil mais qui, grâce à l'insertion de nombreuses pages blanches, de police de caractère et espaces entre les paragraphes plus que généreux, arrive à faire une centaine de pages et être vendue comme un roman.

Personne n'est dupe !

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23 novembre 2015

135 g

balance

C'est le poids du livre que je viens de lire, à peine commencé que je l'avais terminé.

Je sais qu'on ne juge pas la qualité d'un livre à son poids ou à son nombre de pages, mais quand même, ce n'est pas si difficile que ça d'écrire une centaine de pages. Le dernier Amélie Nothomb en fait 144, si j'ai bien compris, celui d'hier à peine 150 si on enlève toutes les pages blanches.

Moi qui aime me plonger dans une histoire pour un bout de temps, ce n'est pas trop mon truc les livres courts, je reste en général sur ma faim.

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27 octobre 2015

Se faire publier

books

Ecrire et trouver un éditeur, voilà ce qu'on demande au romancier (pour compléter mon message d'hier).

Tâche pas facile non plus, car il y a beaucoup de piston dans l'édition et davantage de gens qui écrivent des romans que des pièces, donc la compétition est rude, mais il y a aussi beaucoup plus de gens qui en lisent, donc on doit s'y retrouver.

Le problème d'un manuscrit de théâtre ou un scénario, c'est que ce sont des textes qui arrivent sur le bureau des gens en demandant AVEZ-VOUS DES SOUS ?

Ce sont des manuscrits qui doivent attirer d'emblée du monde, donc les pros au lieu de penser au texte pensent tout de suite investissement, campagne marketing, renommée de l'auteur pour créer le buzz et là, le pauvre débutant peut se croiser les doigts toute la journée, rien de génial ne peut logiquement se passer.

Un roman est une forme moins lourde, plus passe-partout, ce qui fait que même si Gallimard se fout bien de ce qu'on a pondu, il y a des blogs de lecteurs qui se spécialisent dans la lecture de premiers romans, d'autres plateformes qui permettent au manuscrit de circuler et d'être lu.

Car un auteur de roman, de pièce ou de script qui n'est pas lu est plus ou moins quelqu'un qui radote tout seul pendant des mois...

 

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16 octobre 2015

Autre procédé de narration qui m'énerve

Annoyed

Tant que j'y suis, voilà un autre truc qui m'énerve.

C'est quand les héros de l'histoire sont au courant de quelque chose et que le lecteur ne l'est pas. Sur quelques chapitres, ça va, je tiens le coup, mais tout le long d'un livre, même court, c'est enrageant. On ne peut avoir qu'une grosse déception à la fin quand on apprend le secret.

Je ne vois pas un tel procédé fonctionner au théâtre d'ailleurs, attendre la fin du spectacle pour expliquer aux spectateurs le problème dont on vient de parler pendant une heure. A un moment donné, bien avant le milieu du récit selon moi, il faut informer le lecteur ou spectateur de quoi on cause.

Encore du faux suspense...

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15 octobre 2015

Deux histoires pour le prix d'une

Annoyed

Dans plusieurs romans que je viens de lire, le procédé de faire alterner deux histoires m'énerve. On a un chapitre sur une histoire, puis on coupe carrément pour s'attacher à quelqu'un d'autre, voire à une autre époque, et puis on revient à la première histoire. Je n'aime généralement pas ça, car on sent que l'auteur veut créer du suspense, du faux suspense.

Parfois c'est comme si l'auteur avouait que sa première histoire n'était pas passionnante et qu'il devait en rajouter une autre pour donner un peu de peps à l'ensemble.

Ce genre de combine ne marche pas toujours selon moi. Je n'aime pas le roman ou film choral d'ailleurs. J'aime suivre un personnage du début jusqu'à la fin, pas qu'on me parle de quelqu'un d'autre toutes les quinze minutes.

La forme de la nouvelle existe, si on n'a pas de quoi raconter une histoire de 300 pages sur quelqu'un, on ne l'écrit pas, voilà.

J'exagère un peu, mais quand même...

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05 août 2015

Les pages les plus difficiles à écrire ?

a_vos_plumes

Dans une pièce, pour moi ce sont les pages de fin. Dans un roman, ce sont les pages de début. Très curieux.

Comme je l'ai déjà dit quelque part, j'écris assez vite les débuts de pièce, mais sur 50 pages de texte, on va dire, le problème se  pose toujours vers la page 25, au milieu quoi. C'est là où vient le gros hic !, où je me dis mais où je vais avec tout ça ?

Je commence dans le roman, donc je ne suis pas experte, mais je trouve qu'au contraire, ce sont les débuts de romans qui ont l'air plus longs à écrire. Etablir la situation, ne pas effaroucher le lecteur me semblent être un travail plus difficile pour une histoire romanesque qu'une pièce.

A voir si je pense toujours pareil lorsque j'aurai bouclé un roman.

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28 avril 2011

Ecrire un roman

J'ai essayé d'écrire un roman, mais ai abandonné au bout de 50 pages car mon histoire était trop compliquée. C'était l'histoire d'une Française qui venait vivre à Londres et qui y galérait pas mal.

Le problème est venu du langage. Dans quelle langue parle une Française à Londres quand elle discute avec des Anglais ? Ben oui, en anglais, mais comment transcrire des dialogues en anglais dans un texte écrit pour des Français ? Je ne pouvais pas les transcrire tels quels car les pauvres Français qui ne baragouinent pas un mot d'anglais auraient été dans le brouillard complet.

Bref, je me suis bien pris la tête avec ça et, n'ayant pas trouvé de solution, j'ai arrêté.

Je recommencerai avec une autre histoire un de ces quatre, car j'ai bien aimé la possibilité de faire mille parenthèses. Cela fait du bien de se lâcher un peu, tant qu'on retombe sur ses pieds, bien sûr.

En écrivant cette première tentative de roman, je me suis rendu compte que je n'aime pas trop faire de grandes descriptions de lieux et de personnes, mais si un de mes romanciers préférés, Nick Hornby, ne fait pas de descriptions à rallonge, je ne m'inquiète pas pour autant. Chacun son style après tout.

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