30 janvier 2016

Tout est interprétation

actor

Ben oui, on en revient toujours à ça avec le théâtre, l'article que je mentionnais hier le dit bien.

L'acteur peut massacrer un texte s'il n'est pas à la hauteur ou peut en faire oublier les défaillances s'il est particulièrement inspiré.

L'auteur dans tout ça ? Il peut aller se faire du mouron dans son coin en attendant de savoir si la chance est avec lui ou pas.

Situation peu enviable en fin de compte.

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13 janvier 2016

14 pièces courtes de Courteline (2)

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Sur Youtube, on peut voir quelques pièces courtes de Courteline et ce qui me frappe en les regardant, c'est qu'elles me paraissent beaucoup moins drôles une fois représentées.

Qu'est-ce qui se passe lorsqu'on passe à la scène ? Pourquoi ce qui m'a fait sourire à l'écrit me laisse presque indifférente dans la bouche de certains comédiens ?

Tout d'abord les indications d'âges des personnages ne sont pas toujours respectées. Le couple de La paix chez soi par exemple doit avoir la trentaine. Voir cette histoire interprétée par des acteurs de 60 ans ôte du charme au texte, sonne curieux.

De plus, pour jouer dans un texte de Courteline à mon avis, il faut savoir jouer farfelu, pousser le trait, inviter le public à rentrer dans le délire, et certains acteurs y arrivent mieux que d'autres. Quand la mise en scène est trop sérieuse, la sauce ne prend pas et je ne suis pas la seule à le penser (aucun rire dans la salle).

Tout ça n'est pas facile donc, un texte amusant peut tomber carrément à plat, peut perdre de sa saveur en étant incarné.

J'ai vu aussi des extraits de pièces jouées par des acteurs ayant un fort accent étranger (anglais/américain ?), ce qui fait qu'on pouvait rire cette fois pour une autre raison, car on comprenait à peine les répliques de Courteline.

Bref, on ne pense jamais aux mille interprétations d'un texte qu'on signe. On croit donner suffisamment d'indications pour aider à l'interprétation, on prend le temps de préciser les âges des personnages lorsqu'ils ont une importance, mais à la représentation tout ça part en fumée et les troupes amateur font avec les moyens du bord. Vaut mieux en rire qu'en pleurer...

15 septembre 2015

Ecrire pour le théâtre n'est pas suffisant (2)

actors

Pour faire suite à mon message de la semaine dernière, comme quoi ce n'est pas suffisant d'écrire des pièces.

Non seulement ça aide énormément de savoir en plus jouer la comédie et d'avoir des relations dans le milieu, mais c'est encore mieux si on peut être aussi propriétaire ou directeur de salle.

Je ne vois d'ailleurs pas la même chose au Royaume-Uni, mais il y a beaucoup de théâtres en France qui ont été rachetés par des auteurs. Forcément ils y font jouer leurs pièces. Il y a aussi des directeurs qui écrivent et montent leurs textes dans leurs établissements.

Sans toutes ces cordes à son arc, eh ben, c'est moins simple...

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11 septembre 2015

Ecrire pour le théâtre n'est pas suffisant

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Ben non, ce n'est pas suffisant, voilà ce que je viens de réaliser.

Quand on écrit du théâtre et qu'on n'est pas acteur, qu'on ne fréquente pas le milieu théâtral par le biais du jeu, ben on tourne pas mal en rond, on n'arrive pas à grand-chose tout seul. Quand on écrit et qu'on n'a pas de relations dans le métier, pareil, ce n'est pas génial.

Pour ceux qui jouent ou ont plein de relations, là, ça vaut le coup de se mettre à écrire des pièces.

Mais pour les autres qui ne font qu'écrire et doivent compter sur les courriers divers pour essayer de rentrer en contact avec des gens pour les monter, il vaut mieux à mon avis se pencher sur une forme d'écriture qui est lue (comme le roman) et non jouée. C'est moins se compliquer la vie quand même.

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09 septembre 2015

En attente

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Ce qui est vache avec l'écriture d'une pièce de théâtre, c'est qu'on a besoin des autres dès qu'elle est terminée, ce qui fait que la personne qui en a pondu une se retrouve assez vite dans une position d'attente. Un roman, on se dit "Chic !" quand il est fini. Une pièce, c'est plutôt, 'Oh non, now what?' Pas de répit, il  faut s'activer sérieux si on ne veut pas qu'elle reste sur nos étagères.

C'est pour ça qu'à mon avis on doit plus avoir le sentiment d'avoir bouclé quelque chose quand on finit un roman, alors que dans le cas d'une pièce, on sent bien que tout le boulot reste à faire.

Rageant quand même...

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30 juillet 2015

Le problème du jeu

actors

C'est curieux que je reconnaisse aussi peu les pièces que je lis quand je les vois sur scène, incarnées par des acteurs.

Problème du passage de l'imagination à la réalité, on va dire.

Avant de me replonger dans Fragments de Murray Schisgal dont je parlais hier, j'ai été faire un tour sur YouTube et en ai vu une représentation, et là, gros choc, je n'ai pas retrouvé la pièce que j'avais lue.

J'ai alors continué en regardant Love, et là c'était encore pire, j'avais imaginé complètement autre chose. J'avais vu de grands décors, quelque chose de difficile à monter alors que la mise en scène peut être très simple. 

Le même problème quand un roman est adapté pour l'écran, j'imagine. Si le roman reste à l'état de roman, on garde l'histoire qu'on a lue dans la tête, mais si le texte est adapté en film, on se retrouve devant une interprétation qui ne correspond pas à celle qu'on s'était faite. Peut-être pour ça qu'on se plante beaucoup quand on est producteur, chacun lit ce qu'il veut bien lire en fin de compte, y met sa sauce sans s'en rendre compte.

De plus avec Murray Schisgal, il y a le problème d'un texte écrit en langue anglaise. J'ai lu Fragments en anglais et la voir en français est encore plus bizarre.

Bref, on n'est jamais sûr de l'interprétation que les gens vont faire de ce qu'on a écrit, variable pas marrante pour le pauvre auteur. Comme si la liste des difficultés n'était pas assez longue et qu'il fallait en rajouter. 

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08 juillet 2015

Edward Albee, le souci de la représentation

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J'ai regardé tous les entretiens d'Edward Albee que l'on peut voir sur YouTube. 

Il est l'un des rares dramaturges à toujours s'intéresser à la manière dont sont montées ses pièces. Même s'il s'agit de la 100e représentation d'une pièce qu'il a écrite dans les années 60, il tient toujours à s'assurer que son texte est respecté, qu'il n'y a pas de dérapage avec l'esprit dans lequel il l'a écrite. C'est pour cette raison qu'il préfère s'occuper de la mise en scène, monter ses propres textes. C'est pour cette raison aussi qu'il refuse à certaines équipes le droit de monter ses pièces.

Au bout de dix minutes de la vidéo dont je parlais tout à l'heure (voir ici), Edward Albee parle des droits de l'auteur, que l'auteur retient toujours le contrôle de ses textes et qu'il peut dire non. Pour lui, si tous les dramaturges résistaient aux pressions des producteurs leur demandant de triturer leurs textes à des fins commerciales, les spectateurs verraient de meilleurs spectacles.

Il a tout à fait raison. Problème d'intégrité, de passion pour ce qu'on fait et non de gros sous. Cela fait du bien de l'entendre dire ça.

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11 février 2014

Le stade du jeu

Annoyed

Un stade pas si hilarant que ça en fin de compte.

Une réalisation tardive, j'en conviens, mais à part le cas exceptionnel où tout se passe bien, où on connecte super bien avec la troupe, ou on monte soi-même sa pièce avec des copains, restant de ce fait un minimum au contrôle de ce qui se passe, je ne vois pas où est la grande rigolade pour l'auteur (à part gagner de l'argent, bien entendu).

J'écoute pas mal d'interviews de gens qui voient régulièrement leurs pièces sur scène et leurs conclusions ne sont pas mirobolantes : sentiment d'être trahi, d'avoir été complètement incompris, dépossédé, metteur en scène qui se prend pour Dieu...

Donc si on tombe bien, super, mais si c'est la cata, ce n'est pas la joie. Loterie assez rageante quand on passé des heures à peaufiner un texte.

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