27 janvier 2016

L'aparté

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Comme Daniel Auteuil l'a dit récemment à propos de la pièce L'envers du décor de Florian Zeller qu'il met en scène et dans laquelle il joue au théâtre de Paris, le procédé de l'aparté n'est pas nouveau, les dramaturges s'en servent depuis longtemps. Le fait d'avoir un personnage qui parle à quelqu'un, puis au public pour exprimer ce qu'il ressent, a été maintes fois utilisé.

Je me souviens par exemple d'une pièce très courte de Jean Tardieu (Oswald et Zénaïde) où les deux personnages ne se disaient que des banalités, mais révélaient leurs pensées en aparté, au public. C'était très amusant.

Il y en a plein d'autres, de Molière et Feydeau pour ne citer qu'eux, mais c'est un procédé personnellement que je trouve bizarre, qui marchait peut-être aux siècles précédents, mais qui peut aussi devenir lassant. Dans un sketch, pas de souci, on rentre dans le jeu, mais dans une pièce ? En 2016 ?

Je vois que c'est "l'originalité" de la pièce L'envers du décor de Florian Zeller... Mmm, pas convaincue. 

Woody Allen fait parfois parler ses personnages directement à la caméra, ce qui est un peu le même principe, ou révèle ce qu'ils pensent vraiment en voice over, mais il le fait furtivement, le temps d'un dialogue ou d'une situation, mais trop d'apartés qui se suivent dans une même pièce, ça risque d'être un peu longuet à mon avis, un peu barbant à force. Pas évident à réussir.

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18 décembre 2015

"Un angoissant excès de simplicité"

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Voilà ce qu'Henry James aurait dit à propos de l'écriture théâtrale :

Le théâtre exige "un angoissant excès de simplicité".

Si juste. 

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26 octobre 2015

Specs scripts

microphone

En anglais, un spec script est un scénario que l'on écrit sans avoir été sollicité et que l'on envoie aux producteurs de films dans l'espoir de se faire remarquer.

J'entendais le réalisateur canadien Paul Haggis parler l'autre jour et il disait que tous les spec scripts qu'il avait envoyés de manière spontanée n'avaient rien donné. C'est seulement quand il s'est mis à tourner ses histoires lui-même qu'il s'est fait connaître.

Je suis donc de plus en plus persuadée que lorsqu'on écrit une histoire pour la scène ou l'écran, on a intérêt à s'activer et à la monter/filmer soi-même. Ecrire dans ce cas-là n'est pas suffisant, il faut se retrousser les manches et passer à la réalisation, mise en scène, production, etc. 

En revanche, on ne demande qu'au romancier d'écrire.

J'aurais aimé réaliser ça plus vite.

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12 septembre 2015

Le texte de théâtre, c'est rien

microphone

Pour conclure mes messages très réjouissants de la semaine...

L'auteur Philippe Besson dit, lors d'une récente interview accordée au site Fous de théâtre, que le texte de théâtre n'est rien, que ce sont les acteurs et le metteur en scène qui créent le spectacle, ce qui fait que parfois l'auteur ne reconnaît plus son texte ou est surpris d'en découvrir une toute autre interprétation. Et manque de bol, il a raison.

Ce qui veut dire en fin de compte que les auteurs de théâtre ne maitrisent absolument rien et passent des heures à peaufiner un brouillon...

Mmm, super. Pour l'interview, voir ici.

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19 août 2015

Ecrire en dictant... ou vive les ordis !

imagination

En lisant le livre L'Auteur, L'Auteur ! de David Lodge,  je me rends compte que si j'avais vu le jour dans les années 1880, je n'aurais probablement pas écrit une ligne.

Pas d'ordinateurs à l'époque, où l'on peut couper et coller en un clic, il fallait faire tout taper à la machine à écrire par quelqu'un si on ne tapait pas soi-même. Henry James avait l'air d'arpenter son bureau et de dicter son texte à une personne engagée pour la tâche.

C'est à se demander comment on a réussi à écrire tant de belles choses à l'époque, et je ne parle même pas du pauvre auteur avant l'invention de la machine à écrire... C'est là où on réalise que, de nos jours, on n'a vraiment pas à se plaindre.

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12 août 2015

Ecriture de plateau (2)

calepin

Imaginons un début de séance d'écriture de plateau :

Alors, de quoi cette pièce va parler ? Avez-vous des idées, des trucs qui vous passent par la tête ? dirait un metteur en scène à trois acteurs pour ouvrir une première séance de travail.

— Je ne sais pas si ça peut être utile, dirait l'un, mais j'ai découvert un super restaurant hier.

— Un restaurant, o.k., c'est toujours intéressant en effet, s'empresserait de répondre le metteur en scène en griffonnant quelque chose sur son calepin, histoire de ne pas le vexer. Et toi, acteur numéro 2, des idées ?

— Juste une remarqueJ'ai changé d'oreiller depuis une semaine et qu'est-ce que je dors bien maintenant !

— Ah oui, je note aussi, un bon oreiller, c'est important. Et toi, actrice principale ?

— Ma foi, rien ne me vient. Je n'ai absolument rien à dire, rien du tout.

— Alors là, voilà qui est passionnant, rien à dire, le vide total. Je sens qu'il y a quelque chose à creuser, on imagine tout de suite plein de rebondissements...

Bref, pour moi, l'écriture de plateau est surtout synonyme de la mise en scène du n'importe quoi.

On ne voit pas des films "s'écrire" ainsi, des producteurs engager un metteur en scène sans scénario en lui disant : voici les clés d'un studio, prenez ces comédiens avec vous et pondez-moi quelque chose.

Si des comédiens ou metteurs en scène veulent écrire, qu'ils écrivent, mais se triturer le cerveau à plusieurs sur une scène en attendant que chacun y mette son grain de sel ne peut aboutir selon moi qu'à un gros fouillis.

Voilà, c'est dit.

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11 août 2015

Les écritures de plateau

panick

J'ai un sacré problème avec les écritures modernes dites de plateau, car après tout, que nous disent ces nouvelles formes d'écriture si on creuse un peu ? Que Pirandello, Feydeau et autres dramaturges ont bien eu tort de se poser des heures durant devant un bureau à réfléchir, car quelques comédiens peuvent débarquer sur scène les mains dans les poches ou un café en main et trouver une histoire en se bougeant un peu sur un plateau ? C'est ça l'idée de génie ?

Qu'un texte n'a pas vraiment besoin d'une vue d'ensemble, d'une vue unique, à part celle d'un metteur en scène qui essaie de récolter les bribes d'infos qu'il entend tout en y rajoutant un peu de sa sauce histoire de justifier sa présence ? Y a-t-il idée plus idiote, plus irrespectueuse envers les dramaturges ? Du genre "Hé les gars, pourquoi vous vous décarcassez depuis des siècles ? Nous on y arrive très bien en papotant un peu ensemble !"

Bonjour l'innovation !

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19 février 2014

Ecriture théâtrale : plus jamais ! (2)

writer_with_coffees

Je vais expliquer mon message d'hier.

Comme je n'aime pas laisser des projets en plan, je me pousse à finir certaines pièces, et vu le travail que ça demande quand on a déjà fait une grande partie du boulot, je pense que je n'aurai jamais plus l'énergie d'en recommencer une à zéro.

Impossible de retrouver mon enthousiasme d'il y a 4 ans, je peux corriger, compléter, creuser, reprendre différents passages, mais repenser à une nouvelle idée, no thank you.

Too much work.

18 février 2014

Ecriture théâtrale : plus jamais !

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Plus jamais je me lancerai dans l'écriture d'une nouvelle pièce.

Voilà ma pensée hyper positive du jour.

Trop de prises de tête pour une même personne !

26 janvier 2014

Ecriture théâtrale : écrire des tableaux

a_vos_plumes

Ecrire des tableaux est moins difficile qu'écrire des scènes logiques qui se suivent.

C'est de plus en plus la mode de présenter une dizaine de tableaux, de vignettes illustrant un thème quelconque plutôt qu'un enchaînement de situations avec véritable crescendo, progression dramatique.

C'est la mode parce que c'est beaucoup plus facile, demande beaucoup moins de prises de tête. Prendre une situation de départ et la faire évoluer sans interruption demande plus de boulot.

Une remarque en passant...

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