19 mars 2016

Adaptations de romans au théâtre

dilemme

N'y en a-t-il pas un peu trop ? 

J'en ai déjà parlé, écrire un roman et une pièce de théâtre ne demande pas le même travail et c'est rare qu'un bon roman fasse une bonne pièce. Les enjeux sont trop différents, surtout si le ton est comique.

Je comprends qu'il soit plus facile de créer le buzz autour d'une pièce quand on peut mentionner en passant qu'elle a été tirée d'un roman qui a eu du succès, mais tout ça c'est du marketing, rien de plus.

Tant que j'y suis, demander à des romanciers de se mettre à la scène pour profiter de leur bonne réputation n'est pas toujours une bonne idée non plus.

Vraiment pas persuadée que cela crée des merveilles de faire tant de liens entre les romans et la scène...


09 janvier 2016

Ecrire un roman ou une pièce de théâtre ?

creuse_meninge

Tout dépend si l'on souhaite bavarder ou pas.

Aucune possibilité de s'épancher au théâtre, je l'ai déjà dit, tout est action, il faut que ça bouge. Concocter de bonnes répliques est sympa mais pas suffisant, il faut qu'elles amènent quelque chose, fassent avancer le schmilblick. Et il faut aller vite. On ne peut pas s'éterniser à faire passer un message par le biais de longues conversations entre deux personnages assis tranquillement sur des chaises. Il faut que les mots déguisent, supportent une action.

Dans le roman, on peut tchatcher, faire mille parenthèses, c'est le langage, le style qui est primordial, l'action est secondaire.

Il faut voir donc ce qu'on a envie de faire. Écrire pour la scène est un exercice selon moi plus cérébral, presque mathématique, où il faut réfléchir pour justifier la présence de chaque personnage, orchestrer les entrées et sorties de chacun. Là est le vrai travail d'écriture d'une pièce, dans l'agencement de scènes, dans l'organisation, le raisonnement pour que tout soit logique. Le roman est une forme plus souple, plus libre, on fait un peu ce qu'on veut.

Je pense que c'est un goût pour l'interaction et les dialogues qui m'a fait commencer par le théâtre, mais au bout de quelques pièces, on prend conscience de la rigidité de cette forme. La bonne nouvelle est qu'il est plus facile à mon avis de passer du théâtre au roman, plus facile de se lâcher que de se brimer. Peut-être que c'est pour ça qu'il y a plus de romanciers que de dramaturges, c'est plus attrayant de pouvoir faire ce qui nous chante.

27 octobre 2015

Se faire publier

books

Ecrire et trouver un éditeur, voilà ce qu'on demande au romancier (pour compléter mon message d'hier).

Tâche pas facile non plus, car il y a beaucoup de piston dans l'édition et davantage de gens qui écrivent des romans que des pièces, donc la compétition est rude, mais il y a aussi beaucoup plus de gens qui en lisent, donc on doit s'y retrouver.

Le problème d'un manuscrit de théâtre ou un scénario, c'est que ce sont des textes qui arrivent sur le bureau des gens en demandant AVEZ-VOUS DES SOUS ?

Ce sont des manuscrits qui doivent attirer d'emblée du monde, donc les pros au lieu de penser au texte pensent tout de suite investissement, campagne marketing, renommée de l'auteur pour créer le buzz et là, le pauvre débutant peut se croiser les doigts toute la journée, rien de génial ne peut logiquement se passer.

Un roman est une forme moins lourde, plus passe-partout, ce qui fait que même si Gallimard se fout bien de ce qu'on a pondu, il y a des blogs de lecteurs qui se spécialisent dans la lecture de premiers romans, d'autres plateformes qui permettent au manuscrit de circuler et d'être lu.

Car un auteur de roman, de pièce ou de script qui n'est pas lu est plus ou moins quelqu'un qui radote tout seul pendant des mois...

 

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25 octobre 2015

Pièce de théâtre vs Roman

creuse_meninge

Pour continuer le message d'hier, je me demande d'ailleurs si la forme romanesque n'est pas une forme qui permet d'être plus créatif, plus fantaisiste que la forme théâtrale, ce qui est un choc pour moi, ayant toujours considéré l'écriture théâtrale comme la forme fantaisiste par excellence.

On doit tellement être rigoureux sur scène qu' aucun bavardage, relâchement de l'action est possible, et rigueur et fantaisie vont rarement ensemble. Il faut non seulement suivre son idée et ne pas la perdre, mais ne jamais s'en éloigner. Je pense d'ailleurs que c'est trop de bavardage qui doit revenir le plus souvent dans les critiques des comités de lecture.

Pour le roman, il faut bien sûr un fil directeur, mais on fait ce qu'on veut du moment qu'on retombe sur ses pieds à un moment donné. Le tout c'est de toujours intéresser son lecteur, ce qui ne veut pas dire coller de page en page à son sujet.

Bon, tout ça n'est encore pas très clair et n'ayant pas encore fini mon premier roman, je m'avance peut-être en disant que la forme romanesque est plus simple et permet plus de liberté.

A voir donc quand j'aurai fini.

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24 octobre 2015

Pièces de théâtre comiques vs Romans comiques

a_vos_plumes

Comme je m'intéresse désormais à l'écriture romanesque, je ne peux m'empêcher de faire la comparaison avec le théâtre, et je me demande depuis quelque temps si ce n'est pas plus difficile d'écrire une pièce qu'un roman, si l'écriture théâtrale n'est pas en fin de compte la forme d'écriture la plus compliquée, d'où les nombreux spectacles qui manquent de peps, ne tiennent pas vraiment la route, ennuient, laissent les spectateurs perplexes.

Je parle surtout de pièces et de romans comiques, car si on écrit un roman sur la Seconde Guerre mondiale et qu'on doit faire tout un tas de recherches, le travail sur le bouquin sera sûrement plus laborieux.

Mais dans la comédie, la scène ne laisse vraiment pas beaucoup passer. Dans un roman comique, les situations doivent être marrantes, bien entendu, mais c'est surtout l'écriture qui porte le tout. C'est la manière de raconter l'histoire qui fait que le lecteur continue à lire même si la situation n'évolue pas trop. D'ailleurs dans les derniers pavés de 800 pages que je viens de lire, il y a de gros creux, des pages où il ne se passe absolument rien, mais on continue parce que la lecture est marrante. Sur la scène en revanche, tout n'est qu'évolution, il me semble, et si la situation stagne, oups, qu'est-ce que ça se sent, et l'écriture ne peut rien sauver, un échange de vannes deviendra vite bizarre.

Bref, faire que tout avance toujours sur scène n'est vraiment pas évident.


26 septembre 2015

Tilt

revelation

Il y a six mois environ, ça a fait tilt dans ma tête.

Je me suis dit : pourquoi écrire du théâtre et m'enquiquiner avec des problèmes pratiques de représentation quand la forme romanesque a été inventée ?

Tout d'un coup, je n'ai plus vu l'intérêt d'écrire pour le théâtre, car j'ai réalisé que si j'aime être lue, le stade de la représentation ne m'emballe pas tant que ça. Je trouve désormais plus satisfaisant de me concentrer sur un texte qui existe en tant que tel plutôt que sur une forme intermédiaire qui attend d'être interprétée.

Un peu surprise d'en être arrivée là.

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18 septembre 2015

Impression

fun_keyboard

J'ai vraiment l'impression en écrivant un roman que ce que j'écris va rester. Dans une pièce, je ne suis jamais sûre que ce que je raconte ne va pas être viré.

Drôle d'impression. Sûrement une évidence car un roman fait en général 90 000 mots, une pièce 17 000 pour moi, donc on voit bien que dans une pièce ce n'est pas ce qu'on écrit l'important, c'est la colonne vertébrale derrière qui est invisible.

Mais je trouve ça bien agréable en écrivant un chapitre de roman de penser que tout ça est plus solide, ne va pas finir à la poubelle comme certains passages de mes pièces. On a curieusement l'impression de ne pas autant perdre son temps.

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05 août 2015

Ecriture théâtrale : action, action !!!

clip_film

On dit ACTION ! avant chaque tournage de scène de film et il pourrait en être de même au théâtre avant tout lever de rideau.

Comme je viens de le dire, les personnages de théâtre ne viennent pas sur scène pour y poser leurs fesses et s'y tourner les pouces, ils sont là pour y faire quelque chose. Chaque personnage a une raison d'être et tente d'arriver à faire quelque chose. 

Dans le roman, on peut croiser des personnages qui ne sont pas en mouvement. Ils peuvent stagner, déprimer, glander, et on peut les croiser furtivement pour les besoins d'une conversation sans devoir justifier pourquoi ils se trouvent là, à cet endroit, à ce moment précis de l'histoire.

Au théâtre, ce n'est pas le cas. Chaque personnage doit démontrer une envie, même si c'est l'envie de dormir, et on ne peut pas créer un rôle et le laisser tomber. Il faut qu'à la fin de la pièce on sache si les personnages ont réussi ou non à faire ce qu'ils voulaient faire. Comme au cinéma, leur parcours doit être bouclé. Au roman, on peut laisser le flou planer pour certains d'entre eux. L'optique, le travail sont différents.

Ecriture théâtrale : tout doit être justifié

horrible_thought

Un personnage au théâtre ne peut malheureusement pas glander. Sa présence sur scène pendant une heure et demie doit être justifiée à tout moment.

Que fait-il là ? Pourquoi sort-il maintenant ? Pourquoi il est habillé comme ça ? D'où il vient ? 

Toutes ces questions doivent être posées pour tous les personnages, ce qui fait que si on en a plus de trois, bonjour le casse-tête !

Le fait de devoir tout justifier (à défaut du roman) rend l'exercice beaucoup plus complexe qu'il n'y paraît. Il faut s'y coller pour s'en rendre compte.

Les pages les plus difficiles à écrire ?

a_vos_plumes

Dans une pièce, pour moi ce sont les pages de fin. Dans un roman, ce sont les pages de début. Très curieux.

Comme je l'ai déjà dit quelque part, j'écris assez vite les débuts de pièce, mais sur 50 pages de texte, on va dire, le problème se  pose toujours vers la page 25, au milieu quoi. C'est là où vient le gros hic !, où je me dis mais où je vais avec tout ça ?

Je commence dans le roman, donc je ne suis pas experte, mais je trouve qu'au contraire, ce sont les débuts de romans qui ont l'air plus longs à écrire. Etablir la situation, ne pas effaroucher le lecteur me semblent être un travail plus difficile pour une histoire romanesque qu'une pièce.

A voir si je pense toujours pareil lorsque j'aurai bouclé un roman.

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