18 août 2015

La vie en rose

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Ce message me vient suite à la lecture du livre dont je parlais hier.

Quand on commence à s'intéresser à l'écriture théâtrale, on a une vue enjolivée des choses. Même Henry James qui était un romancier vivant déjà de sa plume n'a pu s'empêcher de tomber dans le panneau. Il se faisait des grands plans sur la comète, pensait avoir trouvé dans l'art dramatique la fin à tous ses soucis, la reconnaissance à laquelle il aspirait. Tu parles ! Plus on avance dans L'Auteur ! L'Auteur !, plus on voit la réalité qui lui fout une belle claque à la figure, les attentes interminables, les directeurs de théâtre tout puissants qui n'arrêtent pas de lui demander de couper, de changer, voire virer complètement la fin d'une pièce.

Quand on commence, on ne pense pas au problème de la représentation et quand on écoute les dramaturges qui en parlent, ce stade semble être plus un choc qu'une grande joie. Choc entre ce qu'on s'était imaginé et le côté pratique des choses. Il y a un moment amusant dans le roman d'hier quand Henry James essaie d'en placer une et le metteur en scène lui dit "pas le temps" et lui rabat le caquet.

Que des metteurs en scène qui n'écrivent pas une ligne puissent traiter les auteurs ainsi, du temps d'Henry James comme aujourd'hui, est assez incroyable quand on y pense.

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06 juin 2013

Ecrire est une activité périlleuse

pauvre_auteur_depressedJe l'ai déjà dit, je trouve qu'écrire ne facilite pas la vie quotidienne, décale trop, ce qui fait qu'on est encore plus à côté de ses pompes qu'en temps normal.

Et voilà que je tombe sur la quatrième de couverture d'un roman de l' auteur écossais Stuart Macbride, intitulé Flesh house, un thriller qui parle d'une histoire complètement macabre, de paquebots qui arrivent remplis de viande humaine, de bouchers qui proposent de la chair humaine en vitrine de leur boutique... bref, je me demande dans quel état on doit être quand on est plongé toute la journée dans des histoires pareilles.

Allez, une petite pensée pour tous les auteurs pros qui écrivent des histoires sombres, difficiles, cinq à six heures par jour à se plonger dans des histoires morbides, ils ne doivent pas en sortir intacts de leur séance d'écriture.

J'aimerais bien savoir d'ailleurs comment ces auteurs font pour ne pas complètement perdre le pied ou sombrer. Un mystère en ce qui me concerne !

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18 avril 2013

La tête à communiquer !

my_opinionJ'aurais peut-être dû intituler ce blog La tête à communiquer. Cela sonne un peu curieux, je suis d'accord, mais je fais pas mal de messages sur le mur du silence auquel je me confronte tous les jours et je trouve pourtant que l'on ne devrait jamais passer une occasion de communiquer.

C'est ma plus grosse surprise (et déception) depuis que je fréquente d'un peu plus près ce milieu théâtral, je le trouve vraiment peu bavard. Il ne faut donc surtout pas paniquer lorsqu'on ne nous répond pas après avoir fait une démarche quelconque dans un théâtre, c'est tristement la norme, la pratique.

On envoie un texte à une troupe amateur qui vous supplie presque de l'envoyer... puis on n'entend plus rien. On envoie des mails à des théâtres pour faire une petite enquête, et les semaines passent... et on se rend compte que tout le monde s'en fout.

Je ne comprends pas qu'un milieu qui honore l'échange et le dialogue sur scène fasse aussi peu attention à échanger le rideau tombé. Si on choisit de travailler dans le théâtre, c'est qu'on apprécie, ou en tout cas devrait apprécier, devrait avoir une affinité avec l'acte de communiquer.

Tout peut se dire, il me semble, même qu'une pièce qu'on a envoyée est mauvaise, ce qui est plus correct que de ne rien dire et de faire attendre le pauvre auteur stupidement ou de laisser ses mails en plan.

Très décevant.

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04 mars 2013

Dans trois jours...

question_rougeDans trois jours, c'est la première de ma pièce à deux personnages dans un petit théâtre parisien.

C'est malheureusement tout ce que je peux dire sur "cet événement", car je ne sais rien d'autre, personne n'ayant pris le temps de m'informer de quoi que ce soit. J'ai vu sur Internet que des cartes postales avec l'affiche de la pièce avait été imprimées et circulaient (pourquoi ne pas m'en transmettre une pour que je puisse la faire figurer sur ce blog ?), que des pages consacrées à la pièce existaient sur Facebook et Twitter, grâce auxquelles je m'informe solitairement de l'évolution des choses.

Curieux, n'est-ce pas ? J'ai écrit le texte, suis quand même à l'origine du projet, et je ne sais pas du tout ce qui va se passer jeudi. J'ai vu une photo de décor sur le Net, mais est-ce vraiment le décor final ? Aucune idée. Si j'avais été invitée à assister à une heure de répétition par exemple, j'aurais une petite idée du ton général, mais là c'est le flou complet.

J'ai aussi vu sur le Net deux photos des répétitions où le personnage féminin fait un massage d'épaules au personnage masculin, massage qui ne figure pas dans le texte et va à l'encontre même de l'idée de la pièce, ce qui fait que je m'inquiète... et comme je prends ce que j'écris à cœur, je n'ai pas fermé l'œil la nuit dernière. Dans mon cauchemar, l'histoire avait été virée et remplacée par une succession de numéros musicaux. Ben oui, quand on ignore complètement l'auteur, il imagine le pire forcément...

Situation bien curieuse, je trouve.

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04 juin 2012

Coup de barre !

a_vos_plumes_2Je viens de finir un premier jet d'une pièce et, au lieu d'être contente d'avoir pu le pondre assez rapidement, les bras m'en tombent en pensant au boulot qu'il me reste à faire.

Une fois que je sais où je vais, que je connais les principaux développements de l'histoire, au lieu de sauter de joie, me voilà qui bâille !

Je pense aux heures qu'il va falloir que je passe pour peaufiner tout ça et la grande fatigue s'installe. Le premier jet, ce n'est pas grand-chose en fin de compte. Après, quand on le relit, on se rend compte que rien ne va, que tout est à l'état brut et plutôt maladroit et voilà notre temps libre qui disparaît à vue d'oeil en pensant à toutes les phases hyper rigolotes qui nous attendent.

A n'importe quel stade, on pense toujours avoir avancé plus que l'on ne l'a fait, je trouve, ce qui fait que lorsqu'on reprend son texte, on est souvent un peu déçu, on découvre toujours des choses qui clochent et qui demandent, eh oui, que l'on bosse encore plus dessus, sans parler des relectures répétitives à la fin qui amènent toujours leur lot de surprises, des erreurs qu'on aurait dû repérer plus tôt et qui nous ont jamais sauté aux yeux jusque-là, sans parler des phrases à la grammaire plus qu'originale.

Il faut être un peu maso pour écrire des pièces, non ?

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04 avril 2012

Etat bien fragile

a_vos_plumes

Un rien peut couper l'inspiration, je trouve. Cela peut être un coup de téléphone, une discussion anodine avec une voisine, une remarque que quelqu'un fait en passant et c'est le vide qui s'installe. Heureusement, un petit rien peut aussi faire reprendre cœur à la tâche.

Écrire, c'est être dans un état de fluctuation totale, complètement à la merci du moment, de ce qui se passe autour de soi, de son environnement. Encouragé par quelqu'un ou une bonne nouvelle, c'est reparti mon kiki... découragé, c'est le robinet qui est coupé, on est à sec.

Peut-être que je suis un peu trop influençable, réceptive à ce qui m'entoure, mais je trouve qu'essayer de prendre du temps à part pour créer quelque chose est un état de lutte permanent.

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23 mars 2012

Portrait du pauvre auteur

pauvre_auteur_depressedBen oui, voilà un portrait du pauvre auteur quand il s'aventure en dehors de chez lui, alors qu'il est en plein milieu d'une histoire qui cloche complètement.

C'est la cata, la vie n'a plus de sens, il est crevé, il se pose des questions sur ses motivations et plus grave encore s'il tourne bien rond... une âme en peine, quoi, qui fait un peu pitié, une silhouette qui inquiète et à laquelle on aurait envie de crier : Coolos Max, ce n'est pas la fin du monde de s'égarer ainsi dans son cerveau, reprends du poil de la bête, voyons !

C'est un peu moi parfois...

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05 mars 2012

Le pauvre auteur (2)

Je viens d'ouvrir une catégorie intitulée Pauvre auteur.

J'y placerai tous les messages sur le peu d'aide que l'auteur débutant reçoit, la solitude, le mur de silence auquel il est confronté tous les jours.

En gros, une catégorie consacrée au parcours du combattant qu'est l'activité d'écrire !

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Pourquoi le pauvre auteur ne peut se confier (2)

confidingJe fais suite à mon message d'hier, car la situation inverse n'est pas évidente non plus. Lorsque tout baigne pour l'heureux auteur, peut-il partager son bonheur avec son prochain ?

Reprenons notre inconnu d'hier.

CHER INCONNU ― "Mais que le monde est beau aujourd'hui ! Je suis sorti hier soir en laissant une bougie allumée sur ma télévision et, heureusement, mon voisin s'en est rendu compte assez vite et a défoncé ma porte pour limiter les dégâts. Que des horreurs ont brûlé...  et ma voisine, que j'aime en secret depuis longtemps, m'a invité à dîner chez elle tous les soirs en attendant que ma maison redevienne impec !".

HEUREUX AUTEUR ― "Ah! là ! là, oui, c'est drôle en effet comme tout peut être fantastique du jour au lendemain. Mes personnages qui étaient sans vie hier, n'allaient nulle part, ont trouvé une nouvelle direction ce matin, sonnent si juste tout d'un coup..."

Ben non, cela n'irait pas non plus. A moins d'annoncer qu'il vient de faire fortune avec sa dernière pièce, les bonnes nouvelles de l'auteur seront toujours un peu craignos. Eh oui, il doit se taire, qu'il soit triste ou content !

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04 mars 2012

Pourquoi le pauvre auteur ne peut se confier...

confidingQuand le pauvre auteur fait la tronche parce que toutes ses histoires coincent, c'est difficile pour lui de faire part de ses états d'âme à qui que ce soit.

Imaginons quelqu'un qui n'a pas la frite et qui pense se trouver sur la même longueur d'onde en voyant la tête à rallonge d'un pauvre auteur. Leur conversation donnerait à peu près ceci :

CHER INCONNU ― "Ben oui, la vie est vraiment vache pour moi en ce moment. J'ai laissé une bougie allumée sur ma télé hier soir en sortant, et lorsque je suis rentré ce matin, ma maison avait explosé, impossible de sauver quoi que ce soit de ma baraque, aucun objet, aucun souvenir..."

Grand soupir.

PAUVRE AUTEUR ― "Oh ! là ! là ! oui, la vie me pèse aussi en ce moment. Vous voyez, mes personnages piétinent, ils ne veulent vraiment pas se plier à ce que je veux leur faire faire, c'est la zizanie totale dans mes textes..."

Notre inconnu regarderait le pauvre auteur les yeux écarquillés, se demandant s'il ne se fout pas de sa tronche, voire aurait l'envie incontrôlable de lui foutre une baffe ?

Eh oui, voilà pourquoi le pauvre auteur doit garder ses problèmes pour lui.

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