10 janvier 2016

"La valse du hasard", Victor Haïm (1H, 1F)

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Un texte que j'ai depuis longtemps sur mes étagères et que je n'ai jamais lu. Il est assez souvent joué, j'ai donc voulu savoir de quoi il retournait.

Je l'ai déjà dit, les pièces traitant de l'au-delà m'intriguent, je ne comprends pas qu'il y en ait pas plus d'écrites, car comme personne ne sait ce qui se passe après la mort, on peut laisser libre cours à son imagination. Je ne suis pas en règle générale fana des pièces qui mettent en scène un jeu, mais c'est le cas ici.

Voici l'histoire : une femme, qui vient de mourir dans un accident de voiture, se retrouve devant un ange qui lui fait jouer un jeu en forme de test d'évaluation dont on ne comprend pas très bien les règles. L'enjeu est sérieux, soit c'est l'enfer pour elle, soit c'est le paradis. Elle s'y prête un moment, puis est déboussolée car le jeu et les annotations de cet ange/juge ne semblent pas très logiques.

Bien que je n'adore pas le procédé du jeu, j'ai trouvé les reparties bien écrites et le tout assez enlevé. Je suis juste restée un peu sur ma faim, j'ai trouvé que ça se terminait trop vite.

C'est un joli exercice de style, une interaction bien foutue entre deux personnages, un texte qui donne de beaux rôles à deux acteurs et qui doit être assez intéressant à voir sur scène, mais il manque un petit quelque chose pour moi à la fin. Peut-être une explication, un message quelconque qui résume un peu ce qu'on vient de voir, transcende le tout ? J'aurais aimé plus.

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10 novembre 2015

"Les papiers de Jeffrey Aspern", Marguerite Duras

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Adaptation du texte d'Henry James dont je parlais hier. Plus précis que le roman, moins de non-dits, à savoir que le héros exprime clairement qu'il pense séduire la nièce pour mettre la main sur les papiers du poète disparu, alors que c'est moins évident dans le livre.

C'est très bien fait, mais je crois que je préfère encore le roman, sûrement parce qu'Henry James a le chic de faire de son lecteur un complice, donc on voit tout ça d'une manière moins détachée.

Pas une pièce évidente à monter du fait du décor, un palais vénitien en ruine avec jardin. Je ne m'attarde jamais trop sur les indications de décor normalement, mais là, il y en a pas mal... Pas simple à gérer, j'imagine.

Je l'ai classée dans ma rubrique des pièces sérieuses, bien que je trouve le personnage principal assez marrant dans son genre.

15 janvier 2014

"Une famille ordinaire" (2H, 3F)

SAM_0144Une famille ordinaire de José Pliya, un texte publié aux éditions L'avant-Scène collection des quatre-vents.

Une pièce qui n'est pas très longue mais est assez poignante à la fin. Je ne la dévoilerai pas pour ne pas gâcher le plaisir de ceux qui veulent la lire, mais c'est vrai qu'elle trotte un peu dans la tête quand on referme le livre.

L'histoire : nous sommes dans une famille allemande en 1939. Julius vit chez ses parents avec son épouse Dorra. Il vient de s'engager dans la police, son père a également offert ses services, mais il a été refusé. Julius parti, sa femme ne vit pas très bien son absence et essaie de s'occuper comme elle peut de leur fille Véra. Il ne semble pas trop se passer grand-chose dans cette famille, ça cause pas mal autour de la table de cuisine... puis on découvre la facette cachée du grand-père que Véra aime tant...

Le style de cet auteur est curieux. J'ai toujours pensé aimer les dialogues courts, incisifs, et pourtant j'apprécie ses dialogues à rallonge. Cela ne me dérange pas d'avoir une demi-page de dialogue pour chaque protagoniste. Comme quoi on change d'avis au fil de ses lectures.

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14 janvier 2014

"Pudeur" (4H, 4F)

SAM_0141Pudeur de José Pliya, second texte publié dans l'Avant-Scène dont je parlais hier.

Attention, texte interdit aux moins de 16 ans ! C'est la première pièce que je lis dans le genre.

L'histoire : dans une soirée échangiste, une femme interrompt tout le monde quand elle réagit à un geste qui n'a pas de place dans une telle soirée, un geste déplacé qui provoque chez elle une émotion.

En voilà une idée de texte, mais cela fonctionne. Je me demande si cette pièce est souvent interprétée car tout ça est quand même assez osé, mais l'auteur arrive à faire quelque chose de poétique d'une soirée qui ne l'est pas. Cet auteur est vraiment doué, pas étonnant qu'il soit publié.

Je n'ai pas classé ce texte dans mes catégories "pièces comiques" ou "pièces sérieuses", je ne sais pas quoi en faire.

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13 janvier 2014

"Cannibales" (3F)

SAM_0141Cannibales de José Pliya, texte publié par l'Avant-Scène (collection quatre-vents).

J'ai trouvé ce livre à la bibliothèque de l'Alliance française d'Edimbourg. Je ne connaissais absolument rien de l'auteur, José Pliya, mais je suis toujours attirée par les textes de la collection quatre-vents.

Il s'agit d'une pièce au style bien particulier, mais j'ai aimé. C'est un texte à trois voix, trois voix de femmes qui parlent de maternité, du désir d'être mère. Les dialogues sont à rallonge et il ne s'agit d'ailleurs pas de dialogues à proprement dit (chacun semble faire un exposé de ses soucis), mais c'est bien fait et la pièce est agréable à lire.

L'histoire : trois femmes se rencontrent dans un parc. Nicole semble perdue dans ses pensées, Martine regarde son landau, émerveillée et protectrice de son bébé, et Christine se réveille après s'être assoupie et se rend compte avec horreur que sa fille a disparu. Elle va demander à Nicole si elle n'aurait pas vu quelque chose qui pourrait l'aider à retrouver sa fille et ainsi commencent leurs échanges.

C'est une pièce qui n'est pas longue, mais plus complexe qu'elle ne paraît, car ces trois femmes ne se mettent pas à chercher frénétiquement l'enfant disparu, mais elles se questionnent, se dévoilent petit à petit sur leur rapport aux enfants, l'amour maternel. Il faudra que je la relise parce que je ne suis pas sûre d'avoir tout saisi.

Je vais lire d'autres pièces de cet auteur.

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04 décembre 2013

"Le père" (3H, 3F)

SAM_0127Le père de Florian Zeller, une pièce publiée par l'Avant-Scène (numéro 1331).

Je ne sais pas quoi penser de cette pièce, je n'arrive pas à imaginer l'impression qu'elle doit faire quand on la voit sur scène.

Le sujet, un homme âgé qui perd ses repères du fait de la maladie d'Alzheimer, est dur. A la lecture, c'est difficile de rentrer complètement dans le texte, car les dialogues sont assez répétitifs et on sent bien que tout dépend de l'interprétation de l'acteur principal. Robert Hirsch semble jouer le rôle à merveille en ce moment.

J'ai bien aimé les scènes qui se brouillent dans le temps reflétant, j'imagine, assez bien la confusion d'une personne atteinte de la maladie d'Alzheimer. Le décor qui s'appauvrit au fur et à mesure de l'emprise de la maladie est une bonne trouvaille.

Il y a de bonnes choses dans cette pièce donc, mais à mon avis il faut aller la voir et non la lire pour pouvoir la critiquer de manière juste, car tout est dans l'interpétation et la mise en scène.

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26 novembre 2013

"Aimez-vous la nuit ?" (2H, 3F, une voix)

SAM_0105Allez, je parle de cette pièce que je mentionnais hier, pièce qui est pas mal, mais qui a un gros problème, c'est la copie presque conforme de Hôtel des deux mondes d'Eric-Emmanuel Schmitt. Il s'agit d'Aimez-vous la nuit de Julien Séchaud publiée chez l'Harmattan.

C'est la même histoire de personnes qui se retrouvent entre la vie et la mort, mais au lieu d'attendre de connaître leur sort dans un hôtel, ils sont dans une gare. Soit le train (au lieu de l'ascenseur chez Schmitt) les ramène à la vie, soit c'est fini pour eux et ils meurent.

Je ne connais rien de l'auteur ou des raisons de l'éditeur qui lui ont fait publier ce texte, mais si j'étais EE Schmitt, je me poserais des questions.

Curieux, et heureusement assez rare ce genre de choses.

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11 novembre 2013

"L'architecte" (4H, 3F)

SAM_0054L'architecte de David Greig, une pièce publiée par l'Avant-Scène (numéro 1222).

Je n'ai pas adoré ce texte mais, avec une mise en scène adaptée, j'aimerais peut-être le voir sur scène, j'en sais rien. C'est un peu froid et avec une pointe d'humour cela aurait été tellement mieux. J'ai été déroutée car il y a trois histoires que l'on suit, et donc de nombreux changements de décor, et je me serais bien passée de la scène dans les urinoirs et de la fille à moitié nue sur scène. J'ai bien aimé la fin, mais me suis un peu ennuyée au milieu.

Voici l'histoire : Léo est un architecte qui a des problèmes de boulot et de famille. Une cité de banlieue qu'il a créée est en fait invivable et il y a une pétition pour qu'elle soit démolie et reconstruite, et sa femme en a assez de lui, son fils se cherche et sa fille est aussi désoeuvrée et cherche l'amour là où elle peut.

On suit ce petit monde dans leurs problèmes et quêtes multiples ce qui fait que le décor change toutes les cinq secondes (on doit bien avoir une cinquantaine de lieux différents représentés). Cette histoire se prêterait bien à un film. J'ai bien aimé la fin lorsque l'auteur fait le lien entre toutes les histoires et pose la question de l'élément humain, que l'on conçoit des immeubles et que l'on s'emploie à fonder une famille, mais qu'à trop négliger le facteur humain, la destruction n'est pas loin.

Par endroits, je n'ai pas trouvé les dialogues très excitants, chacun semble se parler à soi-même, personne ne s'écoute, mais je salue la maîtrise à la fin, quand on arrive au message de la pièce en quelque sorte. Je le répète, avec une approche moins glaciale, une goutte d'humour, ce texte m'aurait davantage séduit. 

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29 octobre 2013

"Yerma" (6H, 18F, 1 enfant)

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Yerma de Federico García Lorca, pièce publiée par L'Arche.

Un joli texte, un "poème tragique" comme le disait l'auteur. Il a été écrit en 1934 mais on l'écoute encore bien volontiers aujourd'hui.

C'est l'histoire d'une jeune paysanne qui est mariée depuis deux ans et qui désespère de ne pas avoir d'enfant. Tout le monde autour d'elle en a, et son infertilité se transforme en obsession aux conséquences tragiques.

J'ai bien aimé le personnage central, sa blessure, l'incompréhension totale de la situation dans laquelle elle se trouve.

Cela fait du bien de lire des textes poétiques de temps en temps.

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16 octobre 2013

"Nos amis, les humains" (1H, 1F)

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Nos amis, les humains de Bernard Werber, une pièce publiée chez Albin Michel.

Je me suis forcée à finir la lecture de ce texte, c'est le genre de pièce que je n'aime pas trop.

D'abord, je lis pour m'évader, rêver un peu, et lorsqu'on me fait la liste de toutes les cruautés que les humains font aux animaux de laboratoire, j'ai mal au cœur. Je sais que ça se passe ainsi, que c'est la réalité, mais je n'ai pas envie d'en entendre parler dans une pièce de théâtre.

Deuxièmement, l'espace jeu m'a énervée, on se croirait au cirque ou à la maternelle. L'histoire de cette pièce tourne autour de deux personnages qui se retrouvent dans un lieu inconnu derrière une bulle de verre et se demandent où ils sont, alors ils grimpent au plafond, agissent comme des animaux, ce qui pourrait encore passer, mais lorsque les dialogues qui accompagnent l'action sont vraiment pas folichons, ça irrite plus qu'autre chose.

Pour finir, pourquoi ne pas respecter la présentation normale d'une pièce de théâtre ? L'auteur vient du roman et ça se voit. Il n'indique jamais de noms de personnages (ce qui n'est pas trop difficile à suivre car il y en a que deux), mais ce qui est gênant, c'est que lorsque ce n'est pas clair, il fait suivre son dialogue de "dit-il" ou "dit-elle" ce qui fait qu'on ne sait plus où on en est.

Voici l'histoire ou ce que j'en ai compris : un chercheur scientifique et une dompteuse de tigres ont été kidnappés par des animaux extraterrestres. Derniers représentants de l'humanité, ils se demandent s'ils doivent procréer et font le procès des hommes.

J'avais acheté ce bouquin parce que j'aime les textes qui questionnent notre place dans le monde, mais je crois que ce récit m'énerverait encore plus si je le voyais sur scène. D'autres apprécieront, mais il n'est pas pour moi.

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