20 février 2016

"La prochaine fois je vous le chanterai", James Saunders

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J'adore cette pièce. Un texte qui sort du lot, impossible de l'oublier.

Je voulais lire cette pièce en français, n'étant pas sûre de l'avoir bien comprise en anglais, mais en fin de compte si, je l'avais bien saisie.

Pour l'histoire, voir le message lors de ma première lecture (ici).

Il s'agit d'un texte assez intello, à l'image de certains textes de Pirandello, de questions existentielles traitées de manière comique et ça marche super bien. Pas facile de mêler le sérieux au loufoque pourtant.

Un texte qui devrait être plus joué.

Je l'ai classé dans mes pièces comiques du fait du ton de la pièce, mais il y a de la substance, ce n'est pas un texte léger.


14 février 2016

Suggestion de pièce

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Le texte dont je parlais hier, Entretiens avec le professeur Y de Céline, n'est pas très connu et mériterait de l'être davantage.

Pour deux comédiens qui cherchent un rôle assez délirant, ce texte est tout indiqué.

Un grand acteur ferait un tabac à jouer le rôle principal. Devrait être très marrant à voir.

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10 février 2016

"Ancien malade des hôpitaux de Paris", Daniel Pennac

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Une pièce pas longue à lire mais très sympa. Doit être rigolote à voir sur scène, surtout si l'acteur est bon. 

L'histoire : nous sommes dans le service des urgences d'un hôpital parisien où un patient aux symptômes atypiques en fait voir de toutes les couleurs aux médecins, notamment au docteur Gavlan qui se croit à l'aube d'une longue carrière. 

Une farce cocasse qui se lit très bien mais j'ai trouvé que la conclusion de l'histoire à l'hôpital avec le patient était un peu rapide et décevante, mais heureusement on ne reste pas là-dessus, il y a un autre chapitre qui finit le récit d'une toute autre manière.

Je n'en dirai pas plus pour ne pas gâcher le plaisir à ceux qui n'ont pas encore lu ce texte.

Je n'aime généralement pas les Seuls en scène, mais ce texte est l'exception, je me déplacerais volontiers pour le voir. 

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22 janvier 2016

18 pièces de Sacha Guitry

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On trouve dans ce livre de la collection Omnibus des Presses de la Cité 18 pièces de Sacha Guitry. Absolument génial ce genre de recueil.

J'ai déjà parlé des plus connues ou de certaines qui sont en un acte (publiées dans un ouvrage séparé), mais je n'avais pas lu les autres. Voici donc un résumé des dix que je n'avais pas lues :

Nono : une pièce assez datée sur un type qui pique la maîtresse d'un ami. 

Le veilleur de nuit : un homme âgé n'aime pas laisser sa belle quand il part en voyage d'affaires. Il sait qu'il y a tout un tas d'admirateurs qui tournent autour d'elle et il angoisse de ne pas savoir ce qu'elle trafique. Le voilà curieusement rassuré quand elle prend un type plus jeune que lui pour amant, car il sait qu'il va bien veiller sur elle. Histoire un peu tarabiscotée, il faut suivre le curieux raisonnement.

La prise de Berg-op-Zoom : Je me suis perdue dans la lecture de celle-ci. Il m'a fallu la reprendre une seconde fois. C'est l'histoire d'une conquête amoureuse, des efforts faits par un homme pour séduire une certaine Paulette.

La pèlerine écossaise : (voir ici).

Deux couverts : (pièces en un acte, voir ici).

La jalousie : (voir ici).

Faisons un rêve : (voir ici)

Jean de La Fontaine : une pièce sur l'impossibilité du mariage, d'être heureux en couple. On y voit un Jean de la Fontaine volage en compagnie d'une épouse plus jeune qui a du mal à le comprendre. Il y a un passage assez marrant lorsqu'ils essaient de faire repartir leur relation en prétendant ne pas être mariés. J'aime bien les textes qui s'attachent à décrire un trait de personnalité. Ici, on y parle du talent de fabuliste, de l'esprit créatif. Sympa à lire.

Un soir quand on est seul : (pièce en un acte, ici). 

L'illusionniste : texte très sympa à lire sur un magicien tombeur de femmes. Vision assez dure des rapports entre les hommes et les femmes, mais c'est plein de vie et le personnage principal est assez gonflé.

Deburau : pièce en vers libres sur un mime qui, suite à une déception sentimentale, se consacre à son art et tente de le transmettre à son fils. Pas toujours évident de lire une pièce en vers...

Le mari, la femme, l'amant : l'histoire d'une femme mariée qui culpabilise de tromper son mari et qui met fin, un beau matin, à sa relation avec son amant. Très vite cependant, voilà qu'elle est bien malheureuse et que son amant n'a pas trop la frite non plus. Le mari, qui n'a jamais été au courant de leur relation, n'est pas plus heureux de ne pas être cocu, ce qui pousse l'amant à tenter de convaincre sa bien aimée de reprendre leur liaison, car en fin de compte on est tous nés pour être quelque chose, la femme qui est née infidèle n'a pas d'autre choix que d'être infidèle, l'homme qui est né pour être un amant se doit de toujours piquer la femme de quelqu'un et le pauvre mari, dont le destin est d'être cocu, se doit d'être trompé. L'échange où l'amant fait part de son raisonnement est assez marrant.

Mon père avait raison : (ici).

Je t'aime : une pièce sur un couple qui essaie de protéger leur amour en s'éloignant des couples jaloux et malheureux. Il s'agit d'une déclaration d'amour de Sacha Guitry à Yvonne Printemps. Un texte sans conflit, et ce n'est pas moi qui le dis, Sacha Guitry conclut sa pièce en disant que c'est plus ou moins une pièce où il ne se passe rien...

Le comédien : sur la vie et le travail du comédien, les liens entre le comédien et son public. Pas ma préférée de Sacha Guitry.

Désiré : (ici).

Le Nouveau Testament : l'histoire peut-être un tantinet tirée par les cheveux d'un médecin qui rédige un nouveau testament que son épouse, infidèle, ouvre quand elle pense qui lui est arrivé quelque chose. 

Quadrille : un homme s'intéresse à une autre femme lorsque sa copine s'éprend subitement d'un acteur d'Hollywood. 

Conclusion ? Je préfère les textes de Sacha Guitry où il y a moins de personnages comme Le mari, la femme, l'amant, car dans certaines les entrées et sorties sont nombreuses et à la lecture, ça manque un peu de peps.

Bien sûr, je ne peux que dire ce que j'ai ressenti en lisant ces pièces et mon avis serait sûrement différent si j'avais pu les voir sur scène. En regardant une représentation de la pièce Le mari, la femme, l'amant sur YouTube, je dois avouer m'être endormie devant mon écran (et personne ne riait dans la salle)...

Bref, pas facile donc de savoir si de telles histoires résonnent encore assez aujourd'hui. Les raisonnements de Guitry sont certes très marrants, il y a de bonnes reparties dans chacun de ces textes, mais les rapports entre les hommes et les femmes ont tellement changé que certains paraissent assez datés.

Peut-être  aussi qu'il ne faut pas les lire les uns après les autres, surtout lorsqu'on n'est pas comme moi une fan du thème qu'est l'infidélité au théâtre...

En tout cas, en fermant cet ouvrage, on ne peut que se demander comment Sacha Guitry est arrivé, avec une telle vue sur le mariage, à s'y essayer autant de fois (cinq mariages si je ne me trompe). Un livre donc à éviter quand on est fiancée et qu'on s'apprête à passer devant monsieur le maire !

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02 janvier 2016

"Un dîner d'adieu", A. de la Patellière, M. Delaporte

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Ouille, ouille, en voilà une pièce qui n'est pas hilarante. Dommage car j'avais bien aimé Le Prénom des mêmes auteurs, mais là, désolée, je n'ai pas suivi l'aventure.

L'histoire : un couple décide de faire le tri dans leurs amis et de virer, en les invitant à dîner chez eux, ceux avec lesquels ils n'ont plus rien en commun.

Le problème, à mon humble avis, est que l'idée de cette pièce est faussement bonne. C'est vrai qu'elle pourrait sembler alléchante, rappelle Le dîner des cons, mais contrairement à cette dernière où des gens invitent des idiots pour se moquer d'eux, là on comprend moins bien l'intérêt de faire un dîner pour dire adieu à des gens qui nous pompent l'air. 

Surtout que l'un des personnages dit au début qu'on perd tous trop de temps à voir des gens auxquels on n'a rien à dire, et voilà qu'ils choisissent d'en perdre encore davantage. L'enjeu est vide, on tourne assez vite en rond.

Je retiens de cette pièce de ne jamais finir un texte en reprenant un dialogue déjà dit une fois, car même en changeant les répliques de bouches, lorsque ça tombe à plat, ça ne s'améliore pas en le répétant et crie surtout au manque d'inspiration.

Je ne comprends pas comment cette pièce a pu tenir l'affiche aussi longtemps. Un mystère de plus dans ma liste qui commence à être longue... 


23 août 2015

"Mon père avait raison", Sacha Guitry

DSC02580Mon père avait raison est la treizième pièce présentée dans ce recueil.

J'ai bien aimé. On parle rarement de l'éducation qu'on donne à ses enfants au théâtre, de la manière dont nos propres expériences façonnent notre façon de voir, philosophie de vie qu'on transmet souvent à notre insu à la génération suivante.

C'est une pièce sur une blessure d'un homme, Charles, qui a été quitté par son épouse alors que leur fils, Maurice était encore petit et qui n'a pas cessé de mettre celui-ci en garde contre le danger féminin.

Les années passent et quand Maurice rencontre Loulou, Charles se rend compte qu'il a été un peu fort, que sa rupture avec sa femme a un peu trop marqué l'éducation qu'il a donnée à son fils.

Son propre père ayant été, lui, plus enclin à se laisser aller, à apprécier les plaisirs de la vie, n'est-ce pas lui qui avait raison, qui détenait la clé du bonheur ?

Pièce qui est amusante certes, mais pose des questions intéressantes. Très bien foutue. Je la relirai un jour.

"La pèlerine écossaise", Sacha Guitry

DSC02580Quatrième pièce de ce recueil de pièces de Sacha Guitry.

Je n'ai pas adoré cette pièce, trop de blabla, de remplissage, mais c'est vrai que les histoires d'infidélité dans le couple ne me passionnent pas, j'en ai trop lu sur le sujet. Trop de personnages aussi pour une intrigue assez mince et toutes ces entrées et sorties, ces "bonjour", "comment allez-vous ?" diluent un peu l'attention, on se demande bien où l'on va. 

L'histoire : un couple marié depuis six ans frôle l'infidélité lorsqu'ils reçoivent un jeune voisin et un autre couple dans leur propriété de Dinard. 

La pèlerine écossaise du titre évoque la dégradation du couple, le fait qu'on ne fait plus autant d'efforts vestimentaires après quelques années de mariage, on se laisse de plus en plus aller. Je n'étais peut-être pas très concentrée, mais j'ai cru que les personnages avaient 60 ans tout au long de la pièce (et non la trentaine). Le quiproquo de la dépêche, du télégramme tombe complètement à plat aussi.

En résumé, un texte un peu daté pour moi et pas très hilarant.

10 août 2015

"Clérambard", Marcel Aymé

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J'ai bien aimé cette pièce, j'irais volontiers la voir.

Il y a peu de pièces comiques bien foutues en fin de compte et celle-ci est réussie, aucun doute là-dessus. C'est un texte plein de piquant, drôle, cynique, qui offre de beaux rôles.

L'histoire : le comte de Clérambard est un châtelain qui a du mal à joindre les deux bouts et qui fait travailler sa famille sans relâche pour tenter de garder un toit sur leurs têtes. Un jour, il croit être visité par saint François d'Assise, est persuadé qu'il vient de recevoir un livre de sa main. Après la lecture de cet ouvrage, voilà qu'il change complètement de personnalité. Lui qui était intransigeant, tyrannique, tuait les chats du coin et les chiens de ses visiteurs, se transforme en grand protecteur d'une araignée...  L'argent ne l'intéresse plus et il commence à faire l'éloge de la pauvreté, de la mendicité et du don de soi. Il encourage même le mariage de son fils avec une prostituée dont il n'arrête pas de louer les mérites avant de vendre la propriété familiale pour acheter une roulotte et pousser sa famille à vivre une vie d'errants. 

Les scènes où il fait l'éloge de La Langouste, la prostituée en question, sont très marrantes.

Une pièce à lire, à voir ou monter.

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16 janvier 2014

"Harold et Maude" (5H, 4F)

SAM_0135Harold et Maude de Colin HIggins, une pièce publiée par l'Avant-Scène (numéro 1320).

J'ai vu le film il y a longtemps et je n'avais pas aimé, mais cette pièce est un plaisir à lire.

Je l'ai déjà dit, j''aime les personnages excentriques qui n'en font qu'à leur tête et là; j'ai été servie. Harold qui multiplie les fausses tentatives de suicide devant une mère bourgeoise qui n'y fait plus attention est hilarant. Maude, avec sa jeunesse et liberté de penser, est très attachante.

L'histoire est connue : c'est la rencontre pas banale entre un jeune homme de 18 ans qui s'ennuie, ne trouve aucun sens à la vie et dont le passe-temps est d'assister à des enterrements de gens qu'il ne connaît pas, et une comtesse qui va bientôt avoir 80 ans et qui lui transmet petit à petit son goût pour la vie.

Je ne suis pas convaincue par la scène finale. Cet air de musique partagé par Harold et Maude (qui vient de se donner la mort) détonne un peu, je trouve. Un texte aux thèmes pas évidents, l'amour lorsqu'il y a un fort écart d'âge, l'euthanasie...

J'aurais bien aimé voir cette pièce au théâtre Antoine avec Line Renaud, cela a dû être quelque chose.

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31 décembre 2013

"Love" (2H, 1F)

SAM_0161Love de Murray Schisgal, pièce publiée par la Librairie Théâtrale.

J'ai découvert cet auteur grâce au livre "Seul avec tous" dont je parlais hier, et je suis bien contente.

J'ai bien aimé ce texte. Dès le début je me suis dit "mais qu'est-ce que c'est que ce truc ?" et puis j'ai continué, intriguée par cette histoire un peu invraisemblable, aux situations assez cocasses. On se demande bien comment tout cela va finir. C'est un texte qui doit être joué en renforçant la dérision et l'humour, il me semble. Si on le joue trop sérieux, il doit résonner curieux.

Voici l'histoire : Harry est au bout du rouleau, il n'en peut plus, il est prêt à mettre fin à ses jours lorsque son ami Milt passe par là et lui demande ce qui lui arrive. Milt n'est pas très jouasse non plus, il en a assez d'être marié à Ellen et souhaiterait vivre avec sa maîtresse et c'est ainsi que l'idée germe dans sa tête de fourguer Ellen à Harry. Curieusement, Ellen accepte de divorcer Milt pour épouser Harry, mais voilà qu'on rencontre notre trio quelque temps plus tard et que personne ne semble très heureux.

Une pièce sur l'insatisfaction, l'amour, l'impossibilité d'arriver à se rapprocher de ses idéaux. C'est grinçant, on rigole de sujets graves et c'est parfois tordant et assez physique dans le jeu. Les personnages tombent, se relèvent, sautent d'un pont, bref, il y a de quoi faire au niveau de la mise en scène et on voit très bien Laurent Terzieff dans le rôle d'Harry.

J'ai regardé sur Youtube pour voir s'il y avait des extraits de la pièce. J'ai trouvé une interprétation qui me semble tout à fait juste (scène du début). Pour ceux que ça intéresse (c'est en anglais), voir ici.

Je vais continuer à lire du Murray Schisgal, il a un petit côté farfelu qui me plaît bien...